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MADAGASCAR

Rajoelina rejette le référendum et demande l'arrestation du président

3 min

Après avoir rejeté la tenue du référendum proposé par le chef de l'État, Marc Ravalomanana, pour sortir de la crise politique, le leader de l'opposition, Andry Rajoelina, demande aux forces de l'ordre de l'arrêter.

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L'opposant Andry Rajoelina a demandé, ce lundi, aux forces de l'ordre d'arrêter le chef de l'État, Marc Ravalomanana. Il avait, un peu plus tôt, rejeté l'hypothèse d'un référendum pour sortir de la crise politique, comme le proposait hier le président, toujours retranché dans le palais présidentiel.

 

"Je demande aux forces de l'ordre d'exécuter sans retard les mesures de la ministre de la Justice du gouvernement de transition nommé par l'opposition", a déclaré Andry Rajoelina devant plusieurs milliers de partisans rassemblés place du 13-Mai, au centre de la capitale.

 

 

S'exprimant juste avant Andry Rajoelina, sa "ministre de la Justice", Christine Razanamahasoa, avait déclaré qu'un mandat d'arrêt pour "haute trahison" avait été émis.

 

 

La guerre de communication se poursuit donc entre le camp présidentiel et l’opposition. Envoyée spéciale de FRANCE 24 à Antananarivo, Virginie Herz a pu contacter le chef d’état-major de l’armée, qui fait partie des militaires ne répondant plus aux ordres du président. Celui-ci lui a affirmé que "l’armée était du côté du peuple". Il a cependant estimé, précise Virginie Herz, "que ce n’est pas notre rôle d’arrêter des personnes mais plutôt celui de la police ou de la gendarmerie".

 

L’armée, un arbitre engagé

 

Tout en répétant qu'elle ne veut pas jouer de rôle politique, l'armée malgache, par son opposition affirmée au président Marc Ravalomanana, est devenue l'arbitre engagé du dénouement du conflit entre l'opposant Andry Rajoelina et le chef de l'État.

 

 

Face à l'emballement de la crise, armée, gendarmerie et police, soit environ 28 000 hommes, s'arc-boutent sur une position officiellement "apolitique".

 

L'objectif est de sauvegarder l'unité de la troupe et d'éviter de rejouer le scénario qui s'était produit lors de la crise de 2002. Après plusieurs mois de paralysie, l'armée s'était alors divisée entre "légalistes" - fidèles au président d'alors, Didier Ratsiraka -, et "légitimistes" soutenant le mouvement de l'opposant de l'époque, Marc Ravalomanana.

 

Cette fracture avait conduit à des combats et à l'emprisonnement d'officiers restés fidèles à l'ancien régime.

  

Rejet du référendum

 

Un peu plus tôt dans la journée de lundi, Andry Rajoelina avait rejeté l'hypothèse d'un référendum. "La population n'acceptera pas du tout un référendum", avait-il affirmé avant d’ajouter : "Il n'y aura pas de référendum et nous allons mettre en place le gouvernement de transition".

 

Pendant ce temps, comme l’a constaté l’envoyée spéciale de FRANCE 24, Virginie Herz, la présidence convoquait un conseil des ministres. "J’ai pu parler au ministre de l’Intérieur qui considère ce rejet du référendum comme un refus tactique d’un jour. Il n’abandonne pas l’espoir que l’opposition change de position. Du côté de la présidence, on prépare ainsi les détails du projet de référendum". Telle était du moins la position du camp présidentiel avant la dernière déclaration d’Andry Rajoelina demandant l'arrestation du chef de l'État.

 

 

 

Tirs la nuit dernière

 

Des tirs ont par ailleurs été entendus dans la nuit de dimanche à lundi aux abords du palais présidentiel, qui se situe à 12 kilomètres du centre-ville de d'Antananarivo. "Vers 3 heures du matin, précise Cyril Vanier, l’envoyé spécial de FRANCE 24 dans la capitale malgache, des membres de l’armée, ceux qui ont organisé la mutinerie il y a une semaine, ont tiré par trois fois sur le palais présidentiel. Il n’y a pas eu de dégâts, car les tirs sont tombés à 500 mètres du bâtiment."

 

"La garde présidentielle, qu'on dit forte de 500 soldats dans le palais, s’est déployée mais n’a pas riposté, poursuit Cyril Vanier. Selon elle, les tirs avaient peut-être pour objectif d'intimider les partisans de Marc Ravalomanana qui sont plusieurs centaines à exprimer, en permanence, leur soutien au président devant son palais".

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