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CAMEROUN

À Yaoundé, 60 000 fidèles ont assisté à la messe du pape

3 min

Après la polémique déclenchée par ses propos sur le préservatif dès son arrivée au Cameroun, le pape Benoît XVI a célébré une messe dans le stade de Yaoundé, où 60 000 personnes se sont rassemblées.

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AFP - Après la polémique sur le préservatif, le premier voyage du pape Benoît XVI en Afrique a pris une tournure plus consensuelle jeudi avec une messe célébrée devant plus de 60.000 personnes à Yaoundé et une homélie consacrée aux pauvres et aux victimes de violences.

Surveillés par un impressionnant service d'ordre, les gradins, tribunes et la pelouse du stade étaient pleins et des milliers de personnes ont dû rester à l'extérieur pour assister à la première messe en terre africaine de Benoît XVI, ovationné lors de ses deux tours du stade Amadou Ahidjo en papamobile.

Dans son homélie, le pape a déploré "le bouleversement de la vie traditionnelle" africaine et "la tyrannie du matérialisme" sous l'effet de la mondialisation.

"L'Afrique en général et le Cameroun en particulier encourent le risque de ne pas reconnaître" Dieu, "le véritable auteur de la vie", a-t-il averti.

  
Il a évoqué le "déracinement" tragique de nombreux Africains, particulièrement les jeunes privés de ressources et attirés "par les paradis éphémères".

Ce processus destructeur "n'est pas irréversible", a-t-il cependant affirmé, dans son homélie centrée sur la défense de la famille, thème traditionnel de la Saint Joseph célébrée jeudi dans le monde entier par l'Eglise catholique.

"Aux enfants qui n'ont plus de père ou qui vivent dans la misère de la rue, à ceux qui sont séparés violemment de leurs parents, maltraités et abusés, ou incorporés de force dans des groupes paramilitaires sévissant dans certains pays, je voudrais dire: Dieu vous aime".

Le pape a également rappelé la position de l'Eglise sur l'avortement, demandant aux familles africaines d'accorder "la priorité" à "l'acceptation de la vie comme cadeau de Dieu".

"Chaque être humain, chaque minuscule personne humaine, quelle que soit sa faiblesse, est créée +à l'image de Dieu+ et doit vivre", a souligné le pape.

L'Eglise catholique considère que l'embryon dès les premiers instants de sa conception est une "personne humaine" et s'oppose farouchement à l'avortement.

Cette messe est la première véritable rencontre avec la foule du pape, arrivé mardi à Yaoundé pour son premier voyage en Afrique, qui le mènera également en Angola vendredi.

Avant la messe, le pape avait tenu un discours conciliant à une délégation d'officiels musulmans. Le Cameroun "abrite des milliers de chrétiens et de musulmans qui, souvent, vivent, travaillent et accomplissent leurs pratiques religieuses dans un même voisinage", selon le texte distribué à la presse.

"Tous croient au Dieu unique" et partagent "des valeurs fondamentales" telles que "la famille, la responsabilité sociale, l'obéissance à Dieu, la sollicitude envers les faibles", a précisé le souverain pontife.

Une "religion authentique (...) rejette toute forme de violence et de totalitarisme" car elle est fondée "pas seulement sur la foi, mais aussi sur une juste raison", a encore ajouté Benoît XVI.

"La religion et la raison se renforcent mutuellement dès lors que la religion est purifiée et structurée par la raison, et que le potentiel de la raison est libéré par la révélation et la foi".

Le thème du mariage nécessaire entre foi religieuse et raison avait été développé par Benoît XVI dans son discours de Ratisbonne en 2006. Ce discours avait soulevé l'indignation dans le monde musulman car il semblait dénier à l'islam toute dimension rationnelle et l'assimiler avec la violence.



Dans l'après midi, Benoît XVI doit se rendre au Centre national de réhabilitation des handicapés, construit par le cardinal canadien Paul-Emile Léger.

L'arrivée du pape mardi en Afrique a été marquée par une polémique autour de ses propos sur le préservatif qui "aggrave le problème" du sida, selon lui.
  

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