ÉTATS-UNIS

Wall Street clôture en hausse de près de 7 % grâce au plan du Trésor

Le Dow Jones a clôturé lundi à Wall Street en forte hausse (+ 6,89%). La Bourse de New York a accueilli avec enthousiasme les modalités du plan du Trésor américain de reprise des "actifs toxiques".

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AFP - Les Bourses mondiales ont accueilli avec enthousiasme lundi l'annonce par le secrétaire au Trésor américain, Tim Geithner, d'un plan pouvant aller jusqu'à 1.000 milliards de dollars pour débarrasser les banques de leurs actifs douteux.

M. Geithner a présenté les détails de son "programme d'investissement public-privé" qui lèvera des fonds afin de créer un marché pour les actions et prêts douteux émis par les banques.

Ce programme "fournira initialement 500 milliards de dollars avec la possibilité d'être porté à mille milliards de dollars", a-t-il souligné.

Le président américain Barack Obama s'est dit "très confiant" dans l'efficacité de ce plan pour rouvrir le robinet du crédit, mais a averti que le système financier restait "très fragile".

L'annonce du plan a été saluée à Wall Street où le Dow Jones a gagné 6,84%. L'indice phare a réalisé ainsi sa meilleure performance depuis fin octobre, revenant à son plus haut niveau depuis la mi-février.

En Europe, les Bourses ont terminé largement dans le vert: Paris a pris 2,81%, Francfort 2,65% et Londres 2,86%. En Asie, Tokyo a gagné 3,39%, Hong Kong 4,78% et Shanghai 1,24%, portée par la possibilité d'un nouveau plan de relance en Chine.

Le plan Geithner "est ce qu'il fallait pour rendre les banques financièrement solides avant la fin du trimestre", a souligné à Wall Street l'analyste Marc Pado, de Cantor Fitzgerald. Avec ce plan, "les banques peuvent recommencer à prêter, et donc aider l'économie à repartir", a-t-il ajouté.

Certains analystes étaient toutefois prudents quant à l'efficacité du plan. Selon les économistes de la Société Générale, le scandale des primes chez l'assureur AIG, renfloué par l'Etat, pourrait dissuader les investisseurs de miser sur ce nouveau sauvetage des banques.

Patrick O'Hare, du site d'information Briefing.com, a évoqué "la possibilité que les banques n'aient pas envie de vendre et que les investisseurs privés n'aient pas envie de participer autant que certains le voudraient, étant donné les inquiétudes autour des interventions du gouvernement".

En tout état de cause, la crise mondiale paraissait encore loin d'être résolue.

Le directeur général du Fonds monétaire international, Dominique Strauss-Kahn, a mis en garde contre la situation "extrêmement inquiétante" de l'économie mondiale, s'appuyant sur les dernières prévisions du FMI faisant état d'une récession mondiale pour l'année se situant entre 0,5 et 1%.

Le Premier ministre britannique Gordon Brown a estimé que des pays d'Europe de l'Est étaient confrontés à d'"énormes problèmes" à cause de la crise et qu'ils avaient besoin d'une aide urgente de l'Union européenne.

Quant à son homologue français François Fillon, il a affirmé à Washington que les grands pays développés et émergents participant début avril au sommet du G20 à Londres auraient "le devoir d'aboutir à des réponses concrètes", notamment sur la régulation financière, afin de contrer la crise. M. Fillon a jugé "grandes" les "chances de succès" de ce sommet.

Mais les marchés n'ont voulu entendre que les nouvelles encourageantes, comme un rebond des ventes de logements anciens en février aux Etats-Unis.

Autre nouvelle rassurante, la Chine a déclaré qu'elle allait poursuivre ses achats de bons du Trésor américain, dont elle est le premier détenteur étranger au monde, a déclaré Hu Xiaolian, une vice-présidente de la Banque centrale chinoise.

 

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