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L'UA intensifie les pressions sur la junte au pouvoir

Le Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine affirme vouloir prendre des sanctions nominatives contre les auteurs du putsch du 6 août dernier, malgré les déclarations faites à Nouakchott, mi-mars, par son président, Mouammar Kadhafi.

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AFP - Le Conseil de paix et de sécurité de l'Union Africaine (CPS de l'UA) a franchi mardi un pas supplémentaire en sanctionnant désormais nommément les membres de la junte au pouvoir en Mauritanie, a annoncé à l'AFP le président de cette instance.

"Nous avons réitéré notre décision sur la prise de sanction à l'égard des renversements anti-constitutionnels de régime, et à l'égard de la Mauritanie, nous avons réaffirmé que nous prendrons des sanctions à l'égard des gens au pouvoir, civils et militaires, impliqués dans ce renversement de régime", a déclaré l'ambassadeur du Bénin, Edouard Aho-Glélé.

"La liste nominative des gens visés par les sanctions sera établie dans un délai d'un mois" par la Commission de l'UA, a-t-il précisé.

L'armée a renversé le 6 août 2008 le président élu Sidi Ould Cheikh Abdallahi et l'a remplacé par le général Mohamed Ould Abdel Aziz. En raison de ce changement anticonstitutionnel, l'UA a déjà suspendu la Mauritanie.

Les sanctions contre la junte ont été prise par le CPS de l'UA le 5 février. Elles prévoient notamment l'interdiction de voyager et le gel des avoirs des principales personnalités actuellement au pouvoir.

Mais le président en exercice de l'UA, le Libyen Mouammar Kadhafi qui a tenté une médiation début mars en Mauritanie, est considéré comme ayant compliqué les négociations par des déclarations en désaccord avec les principes de l'UA et les décisions du CPS.

Il a ainsi entériné le coup d'Etat en Mauritanie en déclarant que M. Ould Cheikh Abdallahi devait "accepter le fait accompli" de son éviction du pouvoir.

M. Kadhafi avait déjà suscité la polémique en jugeant clos le dossier des sanctions de l'UA contre les membres de la junte, après l'annonce qu'une élection présidentielle aurait lieu le 6 juin prochain.

Sidi Ould Cheikh Abdallahi et ses partisans ont ainsi annoncé le 16 mars qu'ils ne traiteraient plus avec le dirigeant libyen, auquel ils reprochent des "propos méprisants pour la Mauritanie".

Interrogé par l'AFP sur la contradiction entre la dernière décision du CPS et les déclarations du guide libyen, M. Aho-Glélé a répondu que "le CPS est un organe qui prend ses décisions en toute connaissance de cause et les fait appliquer".

"Maintenant au niveau de l'UA, le président Kadhafi est un autre organe, et il a pris ses propres dispositions. Toujours est-il que nous ne sommes pas au courant de la décision ou d'une position de M. Kadhafi à ce propos", a-t-il ajouté.

Lundi, le Front national pour la défense de la démocratie (FNDD), opposé au putsch, avait demandé au CPS de faire pression sur la junte "afin de l'amener à revenir sur son agenda électoral unilatéral prévoyant des élections le 6 juin", a déclaré Omar Ould Yali, président en exercice du Front.

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