ASSASSINAT HARIRI

Le Tribunal spécial demande au Liban de se dessaisir du dossier

Un mois après son ouverture près de La Haye, le Tribunal spécial pour le Liban (TSL) a demandé à la justice libanaise de transférer tous les éléments de l'enquête concernant l'attentat en 2005 contre l'ex-Premier ministre Rafic Hariri.

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AFP - Le Tribunal spécial pour le Liban (TSL) a annoncé mercredi avoir demandé à la justice libanaise de se dessaisir du dossier sur l'attentat contre l'ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri, tué en 2005 et de le lui transmettre.

Le juge de la mise en état "requiert la juridiction libanaise saisie de l'affaire Hariri de se dessaisir de cette affaire en faveur du Tribunal", indique-t-il dans une décision datée du 27 mars publiée mercredi.

Le magistrat, qui est chargé de préparer les affaires avant qu'elles ne soient jugées, demande à la justice libanaise de transmettre au procureur du TSL "tous les éléments de l'enquête", "copie du dossier" et "la liste de toutes les personnes détenues dans le cadre de l'affaire Hariri".

Ces éléments doivent être transmis au TSL "dans les meilleurs délais et au plus tard dans les 14 jours de la réception de la présente".

Le juge de la mise en état demande également à la justice libanaise de maintenir en détention les personnes actuellement incarcérées dans le cadre de l'affaire Hariri en attendant qu'il se prononce sur leur maintien ou non en détention et leur éventuel transfèrement à La Haye.

Le procureur avait demandé le 25 mars au magistrat qu'il ordonne aux autorités libanaises le lui transmettre le dossier.

Premier tribunal international antiterroriste, le TSL, créé en 2007 par une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU, a ouvert ses portes le 1er mars en banlieue de La Haye, à Leidschendam.

Le TSL est chargé de juger les auteurs présumés d'attaques terroristes au Liban, dont l'assassinat de Rafic Hariri, tué avec 22 autres personnes dans un attentat à Beyrouth le 14 février 2005.

Le procureur du TSL, le Canadien Daniel Bellemare, disposait d'un délai de deux mois à compter de son entrée en fonction, le 1er mars, pour adresser sa demande aux autorités libanaises.

Quatre généraux libanais sont détenus au Liban depuis août 2005 dans le cadre de l'enquête sur l'attentat contre Rafic Hariri. Les deux premiers rapports de la commission d'enquête de l'ONU, créée deux mois après l'assassinat de Rafic Hariri, avaient conclu à des "preuves convergentes" sur l'implication des services de renseignements syriens et libanais.

Les noms de proches du président syrien Bachar al-Assad avaient été cités par les enquêteurs, mais la Syrie nie toute implication.
 

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