ALGÉRIE - PRÉSIDENTIELLE

Les Algériens de France se rendent aux urnes

Les Algériens de France votent, du 4 au 9 avril, pour élire leur nouveau président de la République, le huitième depuis l’indépendance du pays en 1962. Nous les avons rencontrés.

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Ils sont près de 777 000 électeurs, inscrits dans 18 circonscriptions consulaires, à devoir choisir entre six candidats : Abdelaziz Bouteflika, le président sortant, Djahid Younsi, Louisa Hanoune, Mohamed Saïd, Moussa Touati et Ali Faouzi Rabaine.

Certains "mettent un point d’honneur" à aller voter. D’autres parlent de "devoir", alors que les troisièmes espèrent que le tampon apposé sur leur carte d’électeur permettra de "faciliter les procédures douanières au moment du retour au pays pour les vacances".

 
"Qui, à part Bouteflika ?"


Zohra, 55 ans, vit en France depuis 30 ans. "Chaque fois, je viens déposer mon bulletin dans l’urne, explique-t-elle, et chaque fois, j’ai le sentiment de célébrer l’indépendance de l’Algérie, comme en 1962."

 

Pour Kim, jeune Algérien né en France, "voter, c'est un devoir pour défendre nos idées, certains pays n'ont même pas cette chance".

Certains électeurs se sont rendus aux bureaux de vote accompagnés de leurs enfants, vêtus de blanc comme pour la fête de l’Aïd.

Amar dit ne connaître aucun des concurrents de Bouteflika. "Je pense qu'ils ont laissé le champ libre au

président sortant", lance-t-il. Résultat : les partisans du chef de l'État rencontrés exultent déjà. Pour eux, c'est une évidence : il "va l'emporter".

 
"Je préfère voter pour une femme plutôt que pour Bouteflika"


Rachid, 33 ans, est, lui, acquis à la cause de Louisa Hanoune (la porte-parole du Parti des travailleurs, NDLR), seule femme à se présenter à cette élection présidentielle.

 

Il explique son choix : "Nous autres, Algériens, avons le sens de la fierté. La plupart d’entre nous n’accepte pas qu’une femme les gouverne. Mais je préfèrerait voir Louisa Hanoune arriver à la tête de l’État plutôt que d'assister à un troisième mandat de Bouteflika. Elle a prouvé qu’elle était à la hauteur. Peut-être que notre vie sera plus douce et plus belle avec une présidente." 

 
Le taux de participation, seul enjeu véritable

 

Pour les autorités algériennes, le véritable enjeu de cette présidentielle est moins la réélection - quasi certaine - du président Bouteflika que le taux de participation au scrutin, qui ne s'était élevé qu' à 33 % à la présidentielle de 2004. Pour éviter la désertion des isoloirs, les autorités ont débloqué d'importants moyens logistiques, financiers et humains, afin de mobiliser un maximum d’électeurs parmi les 3,5 millions d’Algériens vivant en France.



L’ambassadeur d'Algérie en France, Missoum Sbih, a demandé à ses compatriotes résidant dans l'Hexagone "d’exercer leur droit civique", ajoutant : "Votez pour qui vous voulez, mais votez !"

L’ambassadeur et les consuls ont multiplié les rencontres avec les associations et les représentants de la communauté algérienne, dans l’espoir de séduire les électeurs. Plusieurs ministres du gouvernement d’Ahmed Ouyahia ont également été dépêchés en France pour leur prêter main forte.

 

"L’abstention est le seul concurrent de Bouteflika"

 

Un tel ballet diplomatique ne suffit pourtant pas à convaincre Majid, 34 ans, d’aller voter. "Je ne sais pas pourquoi ces gens se fatiguent, avoue-t-il. De toute façon, Bouteflika restera au pouvoir jusqu’à sa mort." Un de ses amis ajoute : "L’abstention est le seul concurrent de Bouteflika."

 


Devant les bureaux de vote, d’autres Algériens qui  voulaient entrer en ont été empêchés. Ceux-là n’ont pas de papiers...

Samir B. (32 ans)  vit en France depuis 2005. "On n’a pas de papiers français, donc on ne peut pas voter. Mais venir aux bureaux de vote, c’est comme accomplir un devoir spirituel", raconte-t-il.

L'un de ses amis ajoute : "Je n'ai jamais voté en Algérie. Mais à l’étranger, la donne est différente : voter, c’est exister en tant qu’Algérien et en être fier."

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