PÉROU - JUSTICE

L'ex-président Fujimori fixé sur son sort le 7 avril

La justice péruvienne rendra son verdict le 7 avril dans le procès d'Alberto Fujimori, l'ex-chef de l'État jugé pour son rôle présumé dans deux massacres perpétrés en 1991 et 1992 par un escadron de la mort. Il risque 30 ans de prison.

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AFP - La justice péruvienne rendra son verdict mardi dans le procès de l'ancien chef de l'Etat (1990-2000) Alberto Fujimori, jugé depuis un an et demi pour violations de droits de l'Homme pendant sa présidence, a annoncé vendredi le tribunal.

M. Fujimori, 70 ans, risque 30 ans de prison pour son rôle présumé dans les massacres de Barrio Altos en 1991 (15 morts) et à la Cantuta en 1992 (10 étudiants exécutés) perpétrés par un escadron de la mort, dans le cadre de la "sale guerre" occulte que menait alors l'Etat contre les guérillas de gauche.

L'ancien chef de l'Etat, qui a pris la parole mercredi et de nouveau vendredi pour assurer lui-même l'ultime phase de sa défense, a clamé son innocence comme depuis le début du procès fin 2007, et dénoncé l'absence de preuves ou même d'indices contre lui.

La défense a réclamé l'acquittement pur et simple.

Comme son avocat avait longuement stigmatisé un procès "politique" visant un courant fujimoriste encore présent dans la société péruvienne, M. Fujimori a dénoncé un acharnement contre lui, aboutissant à un "montage juridique à la Frankenstein".

Dans une défense de son héritage politique, il a aussi lancé que l'histoire lui saurait gré d'avoir "pacifié et stabilisé" le Pérou, qui vivait alors dans un "enfer créé par le terrorisme".

Le pays resta profondément marqué par le conflit entre l'armée et les guérillas du Sentier lumineux (maoïste) et du Mouvement révolutionnaire Tupac Amaru (MRTA, guévariste) dans les années 1980-2000, qui fit 70.000 morts et disparus.

Fujimori a déjà été condamné fin 2007 à six ans de prison dans une affaire distincte de perquisition illégale et d'abus de pouvoir.

La députée Keiko Fujimori, sa fille aînée et son héritière en politique, candidate déclarée à l'élection présidentielle de 2011, a exprimé sa crainte d'un jugement décidé par avance contre son père.

"Je m'inquiète de l'annonce par le tribunal d'une sentence le mardi 7 avril", a-t-elle déclaré à l'extérieur du procès. "Un seul jour (ouvrable, lundi) pour débattre de ce qui a pris des années à élucider ?"

"J'espère que cela ne sera pas l'annonce d'une sentence déja préparée à son encontre".

Le juge Cesar san Martin, a pour sa part résolument écarté tout soupçon de pression politique. "Personne n'a fait pression sur nous, et nous ne laisserons personne le faire. Nous prononcerons une sentence que nous croyons juste".
 

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