ÉTATS-UNIS

Premières explications pour le massacre de Binghamton

Deux fois de suite au chômage, parlant mal l'anglais, se sentant méprisé, les détails sur le tueur qui a massacré 13 personnes à Binghamton dans l'État de New York, avant de se suicider, esquissent l'explication de son geste.

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AFP - Au chômage, parlant mal l'anglais, se sentant méprisé, les maigres détails sur le tueur qui a massacré 13 personnes vendredi avant de se suicider dans la petite ville tranquille de Binghamton (nord-est) semblaient donner un début d'explication à son geste.

Le tueur, un homme de 41 ans d'origine vietnamienne a fait irruption dans les locaux de l'American Civic Association (ACA), un centre d'aide aux immigrés, a expliqué le chef de la police Joseph Zikuski samedi au cours d'une conférence de presse.

Vêtu d'un gilet pare-balle, muni de deux armes de poing et de beaucoup de munitions, Jiverly Voong, a abattu 13 personnes, toutes rassemblées dans une salle de classe pour y apprendre l'anglais.

Le corps de Voong, également connu sous le nom de Wong, a été retrouvé dans la même pièce, a raconté le chef de la police.

"Ce devait être un lâche, nous pensons que quand il a entendu les sirènes il s'est suicidé", a dit M. Zikuski, non sans ajouter: "Et Dieu merci qu'il a décidé de faire ça avant qu'il n'y ait encore plus de victimes".

Il était venu de la ville voisine de Johnson City où il vivait, en célibataire, avec ses parents et sa soeur.

C'est le pire massacre de ce genre aux Etats-Unis depuis la tuerie sur le campus de l'université de Virginia Tech en avril 2007 qui avait coûté la vie à 33 personnes, y compris le tueur.

"On a appris de ses proches qu'ils n'étaient pas surpris par son geste", a affirmé le chef de la police.

Il semble "que les gens se moquaient de lui", "il se sentait humilié" parce qu'il parlait mal l'anglais et "cela le blessait", a-t-il ajouté.

"Nous avons cru comprendre que le monsieur avait perdu son emploi", a expliqué le maire de Binghamton, Matthew Ryan.

Selon CNN, l'homme a travaillé dans une entreprise high-tech de la région avant de perdre cet emploi et de se rabattre sur une société de nettoyage de matériel industriel. Un emploi qu'il a également perdu.

Au total 37 personnes ont échappé à la mort, mais quatre sont toujours soignées pour de graves blessures par balle.

L'alerte a été donnée par une réceptionniste qui blessée au ventre a fait semblant d'être morte et a réussi à alerter la police. "C'est une héroïne", a lancé M. Zikuski.

Le président américain Barack Obama qui participe à un sommet de l'Otan à Strasbourg (France) a évoqué le drame samedi. "J'ai le coeur brisé pour les familles qui ont survécu à cette tragédie", a-t-il dit devant la presse internationale.

Un responsable de la Maison Blanche, souhaitant conserver l'anonymat, a indiqué que la police fédérale (FBI) n'avait établi aucun lien entre le tueur et des terroristes.

Le chef de la police locale est allé dans le même sens. "Il n'y a absolument aucun lien avec le terrorisme", a martelé M. Zikuski.

A Peshawar au Pakistan, un homme affirmant être le chef des talibans pakistanais liés à Al-Qaïda, Baïtullah Mehsud, avait revendiqué l'attaque de Binghamton samedi.

La crise économique particulièrement dure aux Etats-Unis semble alimenter une résurgence des actes de folie meurtrière qui, avec la tuerie de Binghamton, ont déjà fait une cinquantaine de morts depuis le début de l'année.
 

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