PAKISTAN

Islamabad sous le choc après une vague d'attentats-suicides

Un kamikaze s'est fait sauter samedi en fin d'après-midi dans un campement des forces paramilitaires pakistanaises, en plein cœur de la ville. L'explosion a été entendue à des kilomètres à la ronde.

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correpondant France 24 à Islamabad

Des policiers qui ramassent des lambeaux de chair en plein centre de la capitale pakistanaise : Islamabad a connu, samedi soir, son deuxième attentat-suicide en deux semaines.

 

Un kamikaze s'est fait sauter vers 19h30 heure locale dans un campement des forces paramilitaires pakistanaises, en plein cœur de la ville. L'explosion a été entendue à des kilomètres à la ronde. Elle a tué huit hommes. Quatre autres ont été blessés.

Le 23 mars, c'est un commissariat de la ville qui avait été frappé. Immédiatement après l'attentat, la police a bouclé le quartier et les magasins ont fermé.

Islamabad dans le viseur de Baïtullah Mehsud

Samedi soir, les autorités ont essayé de rassurer l'opinion publique pakistanaise, en promettant de prendre toutes les mesures nécessaires pour mieux protéger ses agents.

Un discours qui n'a convaincu personne et, dans les prochaines semaines, d'autres attentats risquent de prendre pour cible les forces de sécurité qui sont dans la ligne de mire de Baïtullah Mehsud.

Le chef du Mouvement des Taliban du Pakistan (Tehreek e-Taliban Pakistan, TTP) a revendiqué l'attentat, mais aussi celui contre l'école de police de Lahore, le 30 mars, et même la tuerie de Binghamton, aux États-Unis : un tireur fou d'origine vietnamienne a ouvert le feu dans un centre d'aide aux immigrés, tuant 14 personnes.

Pour ces deux dernières attaques, Baïtullah Mehsud est toutefois incapable d'apporter la preuve qu'il en est l'auteur : dans le cas de celle de Lahore, un de ses proches a démenti la revendication auprès de FRANCE 24, indiquant qu'il ne connaissait pas les membres du commando qui se sont emparés de l'école de police. Dans le cas de la tuerie de Binghamton, le FBI estime que Baïtullah Mehsud n'a pas la capacité de planifier des attentats outre atlantique.

Reste que le chef des Taliban pakistanais a prouvé, une fois de plus, qu'il pouvait commettre des attentats très facilement dans la capitale pakistanaise.

Des forces de sécurité inexpérimentées

Cette attaque souligne la faiblesse des forces de sécurité pakistanaises qui ne parviennent pas à se protéger contre ce genre d'opération : hier soir, le terroriste a pu pénétrer facilement dans le camp qui n’était fermé ni par un mur, ni par des fils barbelés. Après l'explosion, les paramilitaires, paniqués, ont tiré au hasard, heureusement sans faire de blessés. Un responsable de la sécurité a même reconnu que les paramilitaires étaient jeunes et inexpérimentés.

Bref, c'était une cible facile pour les hommes de Baïtullah Mehsud. Il faut dire qu'il a juré de s'en prendre aux forces pakistanaises pour se venger des bombardements des drones de l'armée américaine.

Dans la nuit de vendredi à samedi, une frappe aérienne a d'ailleurs tué 13 personnes dans le nord-ouest du pays. Baïtullah Mehsud reproche au gouvernement pakistanais d'aider les Américains à réaliser des frappes dans ce bastion des islamistes pakistanais.

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