ITALIE

Au moins 150 morts dans un violent séisme au centre du pays

Dans la nuit de dimanche à lundi, un violent séisme a frappé la région des Abruzzes dans le centre du pays, à 85 km de Rome. Au moins 150 personnes ont péri, alors que 60 autres ont été sorties vivantes des décombres.

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Le centre de l'Italie a été frappé lundi par un fort tremblement de terre - le pire dans la Péninsule depuis plus de dix ans - qui a fait au moins 150 morts, 1 500 blessés et plus de 70 000 sans-abri, selon un dernier bilan provisoire. Les pompiers annoncent avoir sorti soixante personnes vivantes des décombres dans la ville de L'Aquila.

L'Aquila, 60 000 habitants, capitale de la province montagneuse des Abruzzes (à environ 100 km au nord-est de Rome) a été dévastée ainsi que plusieurs bourgs environnants par la secousse qui a frappé la région en pleine nuit, à 03H30

(01H30 GMT).

Le Premier ministre Silvio Berlusconi a décrété l'état d'urgence. Il s'est rendu sur place, promettant aux rescapés que "personne ne serait abandonné" ainsi que l'installation, avant la nuit de lundi à mardi, d'un village de tentes pouvant abriter de 16 000 à 20 000 personnes.

Lundi soir, un étrange silence planait sur L'Aquila, qui avait l'allure d'une ville fantôme, a constaté une journaliste de l'AFP.

"Une partie des habitants sont partis de leur propre gré, et d'autres y ont été incités par les autorités car de nombreux édifices sont devenus dangereux (...) la majorité du centre historique est à présent vidé de ses habitants", a expliqué à l'AFP un responsable de la sécurité civile.

Beaucoup d'habitants de cette cité médiévale du XIIIe siècle, bourgeoise et commerçante, avaient commencé à quitter les lieux dès le début de la matinée, par peur des répliques. Une valise à la main, une couverture sur les épaules.

Selon la protection civile, plus de 50 000 personnes sont sans abri et plus de dix mille maisons et édifices ont été endommagés dans la région par cette secousse d'une magnitude de 6,2 et dont l'hypocentre se situait sous la ville.


Dans le centre historique de L'Aquila, pas une rue n'a été épargnée. Des tas de pierres, de tuiles et de gravats jonchent le sol et bloquent parfois le passage. Le centre, riche de monuments baroques, a particulièrement souffert. Plusieurs églises et un château du XVIe siècle ont été endommagés. Un hôpital a dû être en partie évacué, car il menaçait de s'effondrer. Les blessés les plus graves ont été évacués vers les hôpitaux des villes les plus proches.

Des équipes de sauveteurs avec des chiens et des engins lourds ont travaillé toute la journée dans les ruines pour tenter de retrouver des survivants, tandis qu'un orage s'est abattu dans la région en début de soirée.

Les images en boucle des télévisions montrent des toits effondrés, des routes jonchées de pierres tombées de la montagne.

De nombreuses voitures sont écrasées par des moellons ou des corniches, un clocher s'est écroulé et la coupole d'une église abritant des fresques s'est effondrée.

Une dizaine de casernes, stades ou gymnases ont été aménagés en centres d'accueil pour les habitants qui n'ont nulle part où aller. Nombreux étaient ceux qui s'y rendaient, couvertures à la main ou traînant quelques affaires entassées dans une valise.

Le ministre de l'Intérieur Roberto Maroni a annoncé l'arrivée lundi de 1 700 hommes en renfort, dont 1 500 pompiers.

Dans la matinée, Silvio Berlusconi avait annoncé qu'il renonçait à son voyage en Russie, prévu le même jour.

Un conseil des ministres extraordinaire a été convoqué lundi soir.

Le pape Benoît XVI a fait savoir qu'il priait "pour les victimes, en particulier pour les enfants" décédés.

De nombreux pays ont immédiatement offert de l'aide à l'Italie, a indiqué Agostino Miozzo, l'un des chefs de la protection civile italienne. Mais pour l'instant, "nous n'en avons pas besoin", a-t-il précisé.

Les présidents américain Barack Obama, en visite en Turquie, et russe Dmitri Medvedev ont présenté leurs condoléances aux victimes.

Le président français Nicolas Sarkozy a assuré Silvio Berlusconi de sa "profonde sympathie", et le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, lui a "adressé ses condoléances".

 

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