ÉGYPTE

La police procède à l'arrestation d'une dizaine d'islamistes

En Égypte, la police est massivement déployée pour empêcher des militants anti-Moubarak d'organiser des manifestations, à l'occasion d'une "journée de colère". Une dizaine d'islamistes ont été arrêtés à travers le territoire.

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AFP - La police a été déployée en force aujourd'hui en Egypte pour empêcher toute manifestation à l'occasion d'une "journée de colère" lancée par de jeunes militants contre le régime de Hosni Moubarak, procédant à des arrestations et limitant les rassemblements.

 
Une dizaine d'islamistes ont été arrêtés à travers le pays alors que la police tentait de contenir de petites manifestations organisées au Caire, selon les services de sécurité et des corresponsdants de l'AFP.

Une centaine de parlementaires de l'opposition, principalement des Frères musulmans, ont quitté l'Assemblée dès que le Premier ministre Ahmed Nazif a pris la parole, mais aucun mouvement de protestation massif n'a été signalé dans le pays.

 
Des policiers en civil ont été déployés en grand nombre au Caire et à Mahalla, dans le delta du Nil, où des émeutes avaient fait trois morts et entrainé des centaines d'arrestations.

"La police a reçu l'ordre d'arrêter toute personne prenant part aux manifestations. Des forces de sécurité supplémentaires ont été déployées autour des lieux sensibles au Caire et à travers le pays", a affirmé à l'AFP un responsable des services de sécurité sous le couvert de l'anonymat.

 
Une autre source au sein de ces services a fait état de l'arrestation de 12 membres des Frères musulmans, le principal groupe d'opposition, alors qu'ils s'apprêtaient à rejoindre les protestations.

Environ 300 militants de l'opposition se sont rassemblés devant le syndicat des journalistes dans le centre du Caire, scandant "A bas Moubarak", encerclés par plusieurs dizaines de policiers, a constaté un correspondant de l'AFP.
L'opposant Ayman Nour, libéré en février après plus de trois ans de détention, a exigé l'élaboration d'une nouvelle Constitution, la fin de l'état d'urgence et l'autorisation de former des partis politiques sans restrictions.

"Si (ces demandes) ne sont pas satisfaites d'ici le 6 avril 2010, nous nous préparerons pour une grève générale", a averti M. Nour devant une cinquantaine de partisans au Caire au milieu d'un important dispositif policier.

 
L'appel à une journée de protestation a été lancé via le site de socialisation Facebook par le "Mouvement du 6 avril", un groupe de jeunes activistes formé en 2008.

 
Le mouvement appelle les Egyptiens à se vêtir de noir et manifester.

Il demande notamment une revalorisation du salaire mensuel minimum de 167 livres égyptiennes à 1.200 livres (29 à 213 dollars) et une refonte démocratique de la constitution.

 
Trente-deux personnes ont été interpellées en une semaine pour leur soutien à l'appel, dont un jeune blogueur dimanche.

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