SOMMET DE L'OTAN

Trois Allemands écopent de peines de prison ferme

Trois Allemands d'une vingtaine d'années, arrêtés lors de sommet de l'Otan, ont été condamnés à des peines allant de trois à six mois de prison ferme. Deux autres personnes devraient être mises en examen pour les incendies de samedi.

Publicité

Reuters - Le tribunal correctionnel de Strasbourg a prononcé lundi de premières peines de prison ferme contre des jeunes gens impliqués dans les violences commises en marge du sommet de l'Otan, qui suscitent une polémique sur l'inaction des forces de l'ordre.

Trois Allemands d'une vingtaine d'années arrêtés en fin de semaine dernière lors de manifestations ont été sanctionnés de trois mois à six mois de prison ferme, ce qui a suscité des échauffourées dans la salle d'audience. Un des condamnés a annoncé son intention de se mettre en grève de la faim.

Par ailleurs, un Allemand et un Russe devaient être mis en examen dans la soirée pour leur participation aux incidents les plus graves de samedi, plus précisément l'incendie de l'ancien batîment de la douane sur le pont de l'Europe. Le parquet requérait leur placement en détention.

Il s'agit des seuls suspects interpellés après cette journée de samedi où ont été incendiés, outre l'ancienne douane, un hôtel, un office du tourisme, une pharmacie, du mobilier urbain. Le quartier du pont de l'Europe a été ravagé par des centaines de jeunes gens masqués et habillés de noir.

Pendant une heure vingt, les policiers massés à proximité ne sont pas intervenus. Lors d'une conférence de presse, le préfet de région, Jean-Marc Redière, a annoncé que l'Etat indemniserait la ville pour réhabiliter le quartier.

Il a réfuté tout retard dans les interventions. "Nous avons privilégié la sécurité de personnes sur la sécurité des biens", a-t-il expliqué.

Un responsable des pompiers, Alain Gaudon, a confirmé ce choix en assurant qu'il n'était pas possible de sauver la douane et la pharmacie après le début des incendies. "C'est ce qu'on appelle faire la part du feu", a-t-il dit.

Besancenot proteste

Une partie de l'opposition de gauche a accusé le gouvernement d'avoir mal organisé cette intervention policière qui devait à l'origine encadrer une manifestation pacifique, qui a réuni de 10.000 à 30.000 personnes.

Pour le porte-parole du Nouveau parti anticapitaliste Olivier Besancenot, qui a participé à cette manifestation, les autorités ont encouragé les débordements en modifiant le tracé initialement prévu pour le cortège et en conduisant les manifestants "dans une vraie souricière".

"Des milliers de manifestants ont été amenés dans une rue avec les deux issues complètement bloquées, et on s'est fait canarder de gaz lacrymogènes, sans interlocuteur à ce moment-là, avec des tirs tendus, avec des tirs de flashballs. On a frôlé le drame", a-t-il dit sur France Inter.

"On a fait en sorte que cette manifestation parte en 'schweppes' comme on dit dans mon quartier", a-t-il ajouté.

Le maire socialiste de Strasbourg, Roland Ries, demande des explications sur la stratégie des forces de l'ordre dans le quartier du Port-du-Rhin, tout en appelant l'Etat à réparer rapidement les dégâts occasionnés samedi.

Roland Ries a regretté que les habitants du quartier aient été "livrés aux casseurs et non protégés" alors que 9.000 policiers et gendarmes et 1.500 militaires avaient été mobilisés pour le sommet de l'Otan.

Tout en admettant que des indemnités seraient accordées, la ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, a répondu en accusant le maire de "récupérer" l'évènement.

Le secrétaire général du syndicat Unsa-Police a de son côté imputé l'épisode à des "lacunes dans la chaîne de commandement" et réclamé une enquête administrative.

"On ne peut pas laisser un quartier sans défense pendant une heure et demie", a dit Henri Martini.

Le résumé de la semaineFrance 24 vous propose de revenir sur les actualités qui ont marqué la semaine