Sondage - Moral des cadres

Une partie des cadres français croit à un printemps économique

Pour sa troisième édition 2009, le baromètre des cadres Viavoice - pour HEC, Le Figaro Réussir, L’Express Réussir, France Inter et FRANCE 24 - révèle l'émergence d'un faisceau d'espoirs pour l'avenir...

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Analyse de François Miquet-Marty, Viavoice

 

La période actuelle est décisive. Six mois après la faillite de Lehman Brothers et l’amplification de la crise, la France peut s’installer durablement dans le pessimisme, voire le catastrophisme économique, et faire la part belle à l’exaspération des tensions sociales ; elle peut, aussi, commencer à privilégier des signes d’espoirs.

Cette nouvelle livraison du Baromètre des cadres présente des résultats en rupture avec les tendances enregistrées ces derniers mois : l’indice synthétique du « Moral des cadres » affiche une nette progression et une part croissante (bien que toujours minoritaire) de cadres français expriment, pour la première fois depuis septembre, des raisons d’espérer.

 
Regain du « Moral des cadres »
 

Fait sans précédent depuis novembre, le « Moral des cadres » est en progression significative : l’indice synthétique s’établit désormais à -41, contre -45 le mois dernier. Cette amélioration d’ensemble est la traduction d’embellies sur des registres très différents :

- La motivation professionnelle progresse : 56 % des cadres estiment que leurs collaborateurs sont « motivés », score en hausse de trois points par rapport au mois dernier ;

- Les perspectives personnelles s’améliorent : 22 % des cadres estiment que, « dans les mois qui viennent », ils disposeront d’opportunités « importantes » pour faire progresser leur carrière, contre 20 % il y a un mois et 18 % il y a deux mois ;

- Sur un plan macro-économique également apparaît une embellie : 9 % des cadres interrogés estiment que « d’ici un an », le « niveau de vie en France » va « s’améliorer », contre 6 % auparavant.

 

Un pronostic de stagnation sur une croissance nulle, plus que de récession durable

 

De façon complémentaire, les cadres envisagent plutôt que la France va connaître « longtemps une croissance proche de zéro » (43 %) ; seulement 19 % considèrent que la France va « rester durablement en récession », et un tiers (33 %) pensent que la France va « retrouver la croissance à moyen terme ». Ces résultats sont intéressants parce qu’ils définissent des scénarios qui ne sont pas majoritairement les plus pessimistes, et qui contreviennent aux discours des Cassandre qui annoncent l’amplification à venir des difficultés actuelles.

 
Les trois raisons d’une embellie
 

Pour identifier les raisons d’être de cette embellie, Viavoice dispose des verbatims livrés librement par les cadres en réponse à la question suivante : « Actuellement, qu’est-ce qui vous donne le plus confiance pour la conjoncture économique » ? Trois principaux registres de réponses sont apportés :

 

- Des perspectives micro-économiques encourageantes : « La quantité de travail que j’ai maintenant, il y a plus de contrats pour les grands projets de travaux publics » ; « Le fait d’avoir du travail ; si on a du travail on a de l’activité économique » : « La confiance dans mon entreprise, ils prennent les bonnes décisions économiques et financières » ;

 

- Des conditions macro-économiques ponctuellement rassurantes : « La baisse du coût du pétrole » « Les gens ont besoin de voitures », « L’innovation technologique : tous les projets de technologie pour moderniser les métiers » ;

 

- Des espoirs accordés aux politiques anti-crises mises en oeuvre, que ce soit en France ou à l’international : « Les investissements dans l’industrie » ; « Les décisions prises, le fait de permettre aux entreprises d’investir » ; « L’intervention de l’Etat » ; « L’injection de l’argent dans l’économie actuelle » ; « Le système français des banques et d’économie : ce n’est pas le libéralisme total c’est un système où l’Etat continue à avoir une responsabilité. » ; « La politique d’investissement mise en oeuvre par le gouvernement » ; « Les plans européens de relance de la finance », etc.

 

A ces registres majeurs s’ajoutent des éléments d’explication plus généraux, tels que la capacité d’adaptation des hommes, ou le caractère par définition cyclique des crises.

 

Les résultats révélés par cette vague d’enquête ne constituent bien évidemment pas la promesse d’une « sortie de crise », ni l’amorce d’une irrémédiable rémission. Mais ils offrent autant de signaux positifs dans un environnement jusqu’ici exclusivement pessimiste. Ils signifient à tout le moins qu’une partie des cadres français a, dès aujourd’hui, des raisons de croire à un printemps économique.

 

 

Retrouvez l'intégralité du sondage (document pdf)

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