ROYAUME-UNI

Démission du chef de la police antiterroriste après une bourde

Au Royaume-Uni, le chef de la police antiterroriste Bob Quick a remis sa démission, après avoir été photographié mercredi avec des documents confidentiels. Sa bévue avait en effet précipité le début d'une opération secrète.

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Il aura fallu moins de 24 heures pour que Bob Quick, chef de la section antiterroriste et numéro deux de Scotland Yard, présente sa démission à Boris Johnson, le maire conservateur de Londres. M. Johnson, qui a l’autorité suprême sur la police londonienne, a gracieusement accepté la démission de Bob Quick après l’incident "extrêmement fâcheux", selon ses propres termes, de la veille.

 

Mercredi, Quick avait été photographié avec un document secret sous le bras, sur lequel l’on pouvait clairement lire les détails d’une opération antiterroriste majeure prévue à l’aube, le lendemain matin. L’opération a dû être rapidement avancée, de peur que les suspects en apprennent l’existence. Douze personnes ont été arrêtées.

 

M. Johnson a affirmé qu’il avait accepté la démission de Quick avec "grande réticence et tristesse", précisant qu’il ne s'agit "absolument pas d'une chasse aux sorcières". Bob Quick avait provoqué l’ire du Parti conservateur (opposition) pour avoir demandé, à la fin de 2008, l’arrestation du député Damian Green, soupçonné de fuites embarrassantes pour le gouvernement de Gordon Brown.

 

Quant à Jacqui Smith, la ministre de l’Intérieur britannique, elle tenu à rendre hommage au travail "remarquable" de Bob Quick, qui "a aidé à garder ce pays en sécurité". De même, le chef de Scotland Yard, Paul Stephenson, a salué le "dévouement et professionnalisme" de son désormais ex-collègue.

 
"Al-Qaïda va faire la fête"
 

Sans surprise, l’opposition en a profité pour critiquer Bob Quick, tout en saluant sa décision de remettre sa démission. Chris Grayling, porte-parole du Parti conservateur pour les affaires intérieures, a estimé que la "défaillance de jugement" de Bob Quick était "inacceptable".

 

Quand au travailliste Ken Livingstone, ancien maire de Londres, son opinion est différente : "Clairement, Bob Quick a fait une erreur ridicule. Mais quant à savoir si cela justifiait son départ forcé…je pense qu’Al-Qaïda va faire la fête, on aura eu trois officiers seniors en charge de l’antiterrorisme en l’espace d’environ un an !" En effet, Bob Quick était en poste depuis mars 2008.

 

Un peu plus tôt, Ken Livingstone avait aussi indiqué son opposition au fait qu’un officier aussi expérimenté démissionne "pour avoir tenu une feuille de papier dans le mauvais sens".

 

Cette affaire intervient alors que Scotland Yard se trouve en plein embarras, à la suite du décès d’un homme lors des manifestations anti-G20, la semaine dernière, à Londres. Une vidéo amateur, relayée très largement dans les médias, montre qu’un policier a poussé l’homme rudement au sol avant qu’il ne succombe à une crise cardiaque, quelques minutes plus tard. Ce policier s'est livré et a été suspendu de ses fonctions.

 

Enfin, ce camouflet fait écho à l’affaire des documents "top secrets" retrouvés dans des trains de banlieue à Londres, à quelques jours d’écart, en juin 2008. Cette fois, ce sont les services secrets qui avaient été embarrassés.

 

Les premiers documents concernaient le réseau terroriste Al-Qaïda et l'Irak, les seconds la politique du gouvernement britannique en matière de lutte contre le financement du terrorisme, le trafic de drogue et le blanchiment d'argent.

 

Dans les deux cas, un passager avait remis les documents aux médias, qui les ont ensuite restitués au gouvernement sans les publier.

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