JUSTICE - BRAQUAGE DE GENTILLY

Ferrara, un "roi de la belle" acquitté en appel

Antonio Ferrara, surnommé le "roi de la belle" pour ses évasions de prison, et un coaccusé, Joseph Menconi, ont été acquittés en appel pour le braquage d'un fourgon en 2000. Ils restent en prison pour d'autres affaires.

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AFP - Deux "rois de la belle", Antonio Ferrara et Joseph Menconi, deux évasions chacun à leur actif, ont été acquittés jeudi en appel par les assises de l'Essonne pour le braquage d'un fourgon de la Brink's fin 2000 à Gentilly (Val-de-Marne).

Ils restent toutefois en prison pour d'autres affaires.

Leur co-accusé Loïc Delière, 31 ans, a vu sa peine de 9 ans de prison confirmée.

"On vient de détruire le mythe Ferrara", a déclaré Me Lionel Moroni, l'un de ses avocats, évoquant un "dossier vide, sans pièces à conviction et sans charges". Sa consoeur Me Alexandra Smadja a salué une "belle décision", rendue par un jury "courageux et indépendant".

A l'énoncé du verdict, au terme de près de trois semaines d'audience et environ six heures de délibéré, Ferrara, 35 ans, et Menconi, 43 ans, ont affiché une joie relativement contenue. Menconi a toutefois serré le poing en regardant ses proches.

Le sourire de Ferrara ne s'est vraiment affirmé que lorsque le président Francis Debons a annoncé que la peine de son ami Loïc Delière pouvait se confondre avec les 20 ans de réclusion qu'il purge pour une affaire de braquage en 2000 à Nanterre, a relevé Me Smadja.

Le 26 décembre 2000, un véhicule de transports de fonds avait été attaqué par une dizaine d'hommes lourdement armés. Ils avaient fait main basse sur plus de six millions d'euros.

Le lendemain des faits, les enquêteurs de la Brigade de répression du banditisme (BRB) procédaient à une première vague d'interpellations dans le repaire des braqueurs à Paray-Vieille-Poste (Essonne). Quinze empreintes génétiques différentes avaient été retrouvées. Trois d'entre elles avaient été attribuées aux trois accusés, qui ont toujours clamé leur innocence.

C'est "une décision qui relativise la portée de la preuve par ADN (...) on pensait que c'était la preuve infaillible, que c'était incontournable, et on s'aperçoit qu'il y a pas mal de choses à dire et à contredire", a déclaré Me Antoine Sollacaro, avocat de Joseph Menconi.

Lors de ce second procès, Loïc Delière avait reconnu avoir livré une moto volée dans le local de Paray-Vieille-Poste la veille des faits, justifiant ainsi la découverte de son ADN dans un casque.

Mardi, l'avocat général Edmond Stenger avait requis la confirmation des peines prononcées en première instance à Paris, soit 11 ans de prison contre Ferrara et Menconi, et 9 ans contre Loïc Delière.

Le magistrat avait notamment affirmé avoir "peine à croire" que Ferrara ait pu être "absent de ce coup là", notamment au regard de sa "réputation".

Tout en faisant part de sa "conviction" que les trois accusés avaient bel et bien participé au braquage, M. Stenger avait dit aux jurés que s'ils avaient des doutes, ils les acquitteraient. Une phrase à laquelle Ferrara avait répondu par un large sourire. Dans son réquisitoire, l'avocat général avait également lancé un avertissement aux jurés: "qui cherche la vérité doit s'attendre à l'inattendu".

Condamné notamment à 17 ans de réclusion pour sa spectaculaire évasion de la prison de Fresnes en 2003, Antonio Ferrara, détenu à l'isolement depuis six ans, n'est pas libérable avant 2035.

De son côté, Joseph Menconi a entre autres écopé de cinq ans de prison pour s'être évadé à l'aide d'un faux lance-roquette de la prison de Borgo, en Corse.

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