ÉTATS-UNIS

Le déficit commercial au plus bas depuis dix ans

Le déficit commercial américain s'est établi en février à 26 milliards de dollars, son plus bas niveau depuis novembre 1999. Sur les sept derniers mois, il a reculé de plus de 50%, en raison notamment de la baisse de la consommation.

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AFP - Le déficit commercial des Etats-Unis est tombé en février à des niveaux inédits depuis près de dix ans, les Américains réduisant leur consommation et se détournant de plus en plus des produits étrangers.

Le déficit a chuté de 28% par rapport à janvier, pour s'établir à 26,0 milliards de dollars (en données corrigées des variations saisonnières), le chiffre le plus bas depuis novembre 1999, a annoncé jeudi le département du Commerce.

Cela fait sept mois consécutifs que ce déficit ne cesse de reculer, une série que les Etats-Unis n'avaient jamais connue dans leur histoire récente. Sur cette période, il a été abaissé de plus de moitié (-58,5% par rapport à juillet), sur fond de crise économique mondiale.

En février, la baisse des importations a été spectaculaire, avec un recul de 5,1% par rapport au mois précédent, à 152,7 milliards de dollars.

"La forte baisse de nos achats de biens étrangers n'a pas seulement été la conséquence d'importations de pétrole en baisse. Nous avons acheté moins de tout", a relevé l'économiste indépendant Joel Naroff.

Les Etats-Unis n'avaient pas importé aussi peu de biens (121,3 milliards de dollars) depuis mai 2004.

Certes, les importations de brut sont moins chères, avec un baril dont le prix moyen est au plus bas depuis quatre ans, à 39,22 dollars. Le volume de pétrole importé tend aussi à baisser: celui de février a été inférieur de 11% à un an plus tôt.

Mais les biens non pétroliers affluent aussi moins vite vers les Etats-Unis: à 104,5 milliards de dollars, leur total est de 28% inférieur à ce qu'il était six mois auparavant.

La chute de l'activité se reflète notamment dans la baisse des importations de biens de consommation (-4% par rapport à janvier, à 35,8 milliards), de biens d'investissement (-6% à 29,8 milliards) ou des véhicules et pièces détachées (-8% à 10,6 milliards, au plus bas depuis octobre 1996).

Les exportations américaines ont cessé de chuter, remontant de 1,6% par rapport à janvier. Mais "étant donné le mauvais état des autres économies dans le monde, il est trop tôt pour parler d'un rebond durable des exportations: ce n'est pas par elles qu'arrivera la reprise aux Etats-Unis", tempérait Nigel Gault, d'IHS Global Insight.

"Les chiffres du commerce extérieur sont seulement le revers de la hausse du taux d'épargne des ménages, une tendance récente provoquée par la restriction du crédit (...) Les consommateurs américains ont pris conscience de la hausse de leur dette et ont entrepris de changer les choses en consommant moins", a commenté Christopher Cornwell, de Moody's Economy.com.

Les économistes s'accordent pour dire que cette baisse des importations finira par s'arrêter. Mais les interprétations divergent.

"Le président (Barack) Obama, après avoir promis de s'attaquer aux problèmes du commerce extérieur pendant sa campagne, a ignoré la question depuis (...), étant incapable de contester le protectionnisme chinois et de régler les problèmes plus globaux qui causent cet immense déficit", déplorait Peter Morici, de l'université du Maryland. Selon lui, la structure du commerce extérieur américain n'a pas fondamentalement changé avec la crise.

Pour Joel Naroff, à plus court terme, "la réduction du déficit commercial est une bonne nouvelle puisqu'elle va ajouter de la croissance au premier trimestre. Avec des dépenses de consommation qui tiennent mieux que prévu, la contraction du produit intérieur brut pourrait être bien moins forte qu'on ne le craignait".

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