INDONÉSIE

Le parti du président en passe de remporter les législatives

Selon les dernières estimations, le Parti démocrate du président indonésien, Susilo Bambang Yudhoyono, arrive en tête des législatives. Il est crédité de 20 % des voix, ce qui pourrait le contraindre à la mise en place d'une coalition.

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Reuters - Le Parti démocrate du président Susilo Bambang Yudhoyono est arrivé en tête des élections législatives en Indonésie jeudi, mais avec un score très en deça de celui attendu, selon des résultats préliminaires.

 

Après dépouillement de 80% des bulletins de vote, le parti présidentiel était crédité d'environ 20% des voix, un résultat qui ne lui permettra pas d'obtenir un mandat clair et l'obligera à trouver des partenaires de coalition, réduisant sa marge de manoeuvre pour réformer le pays.

 

Avant ce scrutin auquel étaient conviés plus de 170 millions d'électeurs inscrits, les démocrates de Yudhoyono étaient largement en tête des sondages et s'attendaient à réunir environ 29% des voix, contre 7,5% en 2004.

 

Selon l'institut d'études indonésien (LSI), ils obtiennent autour de 20% des suffrages, contre 15% au PDI-P de l'ex-présidente Megawati Sukarnoputri et 14% au parti Golkar qui dominait jadis la politique indonésienne.

 

Trente-huit partis ont pris part à cette élection mais seules les trois grandes formations arrivées en tête semblaient en mesure, avant le scrutin, de former d'importants groupes parlementaires.

 
Cinq morts en Papouasie
 

Les petits partis, notamment islamistes modérés, pourraient cependant se poser en arbitres incontournables dans la constitution d'une coalition et l'élection du président de la troisième plus grande démocratie au monde - après l'Inde et les Etats-Unis.

 

"Yudhoyono va devoir s'appuyer sur d'autres partis alliés, ce qui signifie cinq nouvelles années de lente réforme institutionnelle", a estimé Kevin O'Rourke, analyste politique.

 

Pour ce spécialiste, les démocrates vont probablement trouver avec Golkar un terrain d'entente sur l'économie mais devraient donner voix au chapitre aux islamistes modérés sur les questions institutionnelles.

 

L'ancien général Yudhoyono, premier chef d'Etat élu au suffrage universel direct et premier à accomplir un mandat de cinq ans complet depuis la démission de l'autocrate Suharto en 1998, pourrait briguer un second mandat de cinq ans lors de la présidentielle du 8 juillet.

 

Un parti ou une coalition doit obtenir au moins 25% des suffrages ou 20% des sièges parlementaires pour présenter un candidat.

 

Le président Yudhoyono a mené une campagne sur le thème des réformes en vue d'attirer des investisseurs étrangers, essentiels à l'activité en Indonésie où le PDI-P et Golkar se montrent moins enclins, selon les analystes, à toucher aux intérêts acquis.

 

Le scrutin, dont l'organisation a été un casse-tête logistique dans cet archipel au 17.000 îles, a été entaché de violences juste avant l'ouverture des bureaux de vote en Papouasie, province orientale où au moins cinq personnes ont péri et où des bâtiments ont été incendiés.

 

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