INDONÉSIE

Près de 170 millions d'électeurs choisissent un nouveau Parlement

Les bureaux de vote ont fermé en Indonésie, premier pays musulman au monde, où 170 millions de personnes élisaient leur 560 députés. A trois mois de la présidentielle, ces législatives sont un test important pour le président Yudhoyono.

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AFP - Les Indonésiens ont voté jeudi pour élire un nouveau parlement, le troisième depuis l'avènement de la démocratie en 1998, lors d'un scrutin qui s'est déroulé dans le calme à l'exception de la Papouasie.

171 millions d'électeurs étaient appelés aux urnes dans plus de 500.000 bureaux de vote, qui ont fermé à 12H00 (05H00 GMT) après seulement cinq heures d'ouverture. Mais, dans plusieurs lieux, ils ont accueilli après l'heure de fermeture les électeurs faisant la queue, ont constaté des correspondants de l'AFP.
   


Comme le prévoyaient les observateurs, les opérations se sont déroulées dans un bon esprit, de nombreux électeurs ayant mis leurs plus beaux habits pour l'occasion.

Toutefois, cinq personnes ont été tuées dans la nuit en Papouasie, victimes d'actes de violence qui "démontrent que certaines personnes voulaient voir échouer les élections", selon le chef de la police de la province, Bagus Ekodanto.

Des appels à boycotter le scrutin avaient été lancés ces derniers jours par des mouvements séparatistes, qui rejettent l'autorité de Jakarta sur leur province de l'extrême-est de l'archipel.

L'un des cinq morts a été tué par balles par la police alors qu'une centaines de Papous, armés de flèches, manifestaient devant un commissariat.

Sur le plan politique, ces élections représentent un test important pour le président Susilo Bambang Yudhoyono à trois mois de l'élection présidentielle du 8 juillet.

Cet ex-général de 59 ans, qui mène depuis 2004 une politique centriste et consensuelle, est donné favori pour obtenir un nouveau mandat de cinq ans à la tête du plus grand pays musulman au monde.

Pour lui faciliter la tâche, il table sur une bonne performance de sa formation, le Parti Démocrate, aux élections législatives pour lesquelles étaient en lice 38 partis.

Les derniers sondages accordaient plus de 20% des suffrages au PD, lui donnant la première place devant les deux grandes formations de l'après-guerre: le Parti démocratique indonésien de lutte (PDI-P) de l'ancien présidente Megawati Sukarnoputri, et le Golkar, l'ex-parti du dictateur Suharto.

En 2004, le Golkar était arrivé en tête devant le PDI-P. Même si le PD n'avait obtenu que 7,4% des voix, M. Yudhoyono avait réussi à gagner l'élection présidentielle en formant une large coalition.

Les résultats officiels ne seront pas disponibles avant plusieurs jours mais des estimations étaient attendues jeudi après-midi.

Les experts escomptaient une baisse du taux de participation, qui s'était élevé à 75% en 2004, en raison de la complexité des opérations de vote mais aussi du discrédit dont souffre une partie de la classe politique, minée par la corruption.

De nombreux électeurs ont cependant exprimé jeudi leur fierté d'appartenir à la troisième démocratie du monde, après l'Inde et les Etats-Unis.

"Je suis heureuse de pouvoir exercer mes droits et d'exprimer ce qui me tient à coeur", s'est félicité Een, une mère au foyer de 40 ans de Jakarta.

"J'espère que l'élection va permettre d'améliorer la situation économique", a-t-elle ajouté.

Les sondages ont montré que l'économie était la priorité des électeurs, loin devant la corruption et les questions religieuses.

En raison de la crise mondiale, la croissance de l'Indonésie, première économie d'Asie du Sud-est, devrait ralentir à 3-4% en 2009 contre plus de 6% ces deux dernières années, selon les prévisions officielles.

Le gouvernement Yudhoyono est cependant crédité d'une bonne gestion sociale de la crise, notamment par la réduction des prix subventionnés des carburants et la distribution d'allocations aux plus pauvres.
 

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