MAURITANIE

Carnet de route en Mauritanie

Nos journalistes Taoufik Mjaied et James André sont allés en Mauritanie pour interviewer le chef de la junte militaire, le général Mohamed Ould Abdelaziz. Lisez le récit des coulisses de leur reportage.

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Retrouvez l'entretien exclusif de FRANCE 24 avec le chef de la junte mauritanienne, le général Mohammed Ould Abdel Aziz

 

Mercredi 8 avril

 

À peine arrivé en Mauritanie, on se rend compte que ce n’est pas seulement le pays du million de poètes. C'est un brassage étrange, oscillant entre arrogance arabe et sagesse africaine. Les gens disent oui à tout. Ils ne tentent même pas de mettre des bâtons dans les roues. En tout cas, aucun obstacle à notre travail. L’entretien avec le général Mohamed Ould Abdelaziz a été réalisé dès le lendemain de notre arrivée. En attendant l’arrivée du général mon collègue, James André, a vite sympathisé avec le responsable de la sécurité. Cet homme charmant lui a offert le thé et l’a même laissé se balader librement à l’intérieur du palais tant convoité.



 

Nous assistons à un évènement que nous ne risquons pas de voir dans d’autres pays maghrébins : une grande manifestation de l'opposition organisée le jour même, au stade de Nouakchott pour protester contre la candidature du général. Nous avons a été ébahis par la liberté d’expression des participants et la passivité de la police qui ne surveillait même pas l’entrée du stade. Pendant la manifestation, tout le monde commentait le contenu de l’entretien diffusé par FRANCE 24.
La femme mauritanienne est très active en politique, une autre diffférence avec les autres nations arabes. Nous avons pu le constater durant le meeting, composé pour moitié de femmes. Plusieurs d'entre elles ont pris la parole sur le podium.

Pour autant, tout n'est pas permis. Au restaurant, James André a tendu la main à une mauritanienne  pour la saluer. Elle a répondu qu’on ne tendait pas la main à une femme en Mauritanie. Dont acte.


 

 

 

Jeudi 9 avril

 

Direction : Lemden, le village natal du président renversé Sidi Ould Cheikh Abdallahi. Le village est situé à 300 km de la capitale - 260 km de route et 40 km de piste. Un petit village de 300 habitants, où il n’y a ni château ni villa de prestige. Nous avons été bien reçus. Pour le déjeuner, les habitants nous ont proposé un mouton entier en méchoui. Nous avons répliqué qu’un mouton nous ferait un trimestre en France.

 

 

En route vers Lemden, nous avons traversé  le village de Boutilimit. Le président fondateur de la Mauritanie, Moktar Ould Dadah est né ici. C’est aussi le lieu du collège le plus prestigieux du pays. Les habitants du village bloquent la route et marchent sur l'unique voie de passage des voitures. En leur faisant la remarque, ils répondent simplement : "Cette route a été construite par notre fils Ould Dadah. Elle nous appartient. Donc nous en faisons ce que nous voulons."

Le nombre d’ânes en Mauritanie est remarquable. Ces ânes errants n’ont pas de propriétaires. Ils sont néanmoins utilisés à volonté par tout le monde : par les fermiers ou par toute personne des quartiers pauvres souhaitant transporter des biens. On apprend que ces ânes causent du tort et provoquent de nombreux accidents de la route. À la frontière entre la mauritanie et le Sénégal ces animaux sont chassés par un grand producteur de sucre  car ils dévastent les champs.

Un grand cheptel de dromadaires très disciplinés est aussi présent. Question de James : "comment retrouve-t-on ces dromadaires qui se baladent seuls en plein désert ?" Réponse : ils sont immatriculés, comme les voitures. Nous apprenons que le dromadaire coûte 1000 dollars en moyenne.

Autre fait marquant en Mauritanie : pour les amateurs du divorce cet acte est très facile. Il suffit au mari de demander à l’épouse de rentrer chez ses parents et le divorce est consommé. La femme est répudiée, sans indemnités.

La Mauritanienne est la seule femme au monde qui s’habille en noir la nuit du mariage, estimant le blanc réservé à la mise en terre, le jour de la mort.

Il y a en Mauritanie quatre dialectes. Le wolof, le sonoké, le polar, et le hassania - c’est à dire l’arabe.

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