ÎLES FIDJI

Le président abroge la constitution, des législatives avant 2014

Le président fidjien, Ratu Josefa Iloilo, annonce l'abrogation de la Constitution de l'archipel adoptée en 1997. Cette décision intervient après une décision judiciaire déclarant illégale le gouvernement intérimaire issu d'un putsch en 2006.

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AFP - Le président fidjien, Ratu Josefa Iloilo, a abrogé vendredi la Constitution de l'archipel et fixé à 2014 la date butoir pour de nouvelles élections législatives après une décision de justice déclarant illégal le gouvernement intérimaire issu d'un putsch en 2006.

Le président a également annoncé avoir révoqué les magistrats et instauré "un nouveau cadre légal" au lendemain d'un arrêt de la Cour d'appel.

Cette juridiction avait déclaré jeudi illégitime le gouvernement de transition du chef des armées, Voreqe Bainimarama, auteur en décembre 2006 d'un coup d'Etat sans effusion de sang.

Dans une adresse télévisée à la nation, le chef de l'Etat a fait savoir qu'un "gouvernement intérimaire prochainement nommé" préparerait le pays à des élections démocratiques d'ici septembre 2014, au plus tard.

L'arrêt de la Cour stipule que M. Iloilo -- qui concentre de fait tous les pouvoirs exécutifs -- doit désigner "une personnalité" comme Premier ministre, qui ne sera ni le chef du gouvernement renversé en 2006, Laisenia Qarase, ni l'instigateur du coup, M. Bainimarama.

"Il n'y a pas de disposition écrite dans la Constitution pour la nomination d'une telle personne, et en conséquence, Fidji n'a plus de gouvernement en place depuis 15H00 hier (jeudi)", a déclaré M. Iloilo lui-même installé à la faveur d'un putsch en 2000.

De son côté, le chef des armées, M. Bainimarama, a fait savoir que les forces de sécurité continueraient de maintenir l'ordre.

Le porte-parole des forces armées, le général Neumi Leweni a assuré que la sécurité serait l'apanage de la police mais que les militaires les épauleraient "au besoin".

M. Bainimarama a toujours ignoré les appels pour le rétablissement de la démocratie, arguant de la nécessité de réformer le système électoral fidjien avant la tenue d'un nouveau scrutin. Selon lui, le système actuel aggrave les divisions entre la majorité indigène et la minorité d'origine indienne.

Le gouvernement australien a condamné vendredi l'abrogation de la Constitution et jugé la date de 2014 "totalement inacceptable".

En janvier, les dirigeants de 16 pays du Forum du Pacifique avaient demandé au régime fidjien d'organiser des élections avant la fin 2009 et menacé, à défaut, de suspendre l'archipel.

Les Fidji sont suspendues du Commonwealth depuis le coup d'Etat de décembre 2006.

Indépendant depuis 1970 de la Grande-Bretagne, Fidji est un pays insulaire du Pacifique sud qui compte 900.000 habitants répartis presque à parts égales entre Mélanésiens et Indiens.

En 1987, les îles avaient été secouées par deux coups d'Etat successifs, qui avaient fait suite à des affrontements entre Fidjiens de souche et d'origine indienne.

En 20 ans, le pays a connu quatre coups d'Etat.

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