ANTISÉMITISME

Des croix gammées découvertes au Mémorial de Drancy

Des inscriptions nazies ont été retrouvées au Mémorial de la déportation, à Drancy, lieu emblématique de la mémoire des déportés juifs de France. Le ministère de l'Intérieur condamne cet acte "avec la plus grande fermeté".

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AFP - Des croix gammées tracées à la peinture noire ont été découvertes samedi matin, en pleine Pâque juive, au Mémorial de la déportation à Drancy, lieu emblématique de la mémoire des déportés juifs de France.

"C'est la première fois, depuis l'inauguration du monument en 1976, que celui-ci est entaché de croix gammées", a déploré Raphaël Chemouni, responsable du conservatoire historique du camp de Drancy. "Il y avait eu jusqu'à présent toujours un très grand respect vis-à-vis de ce monument", a-t-il ajouté.

Deux inscriptions ont été retrouvées sur la stèle et une troisième, plus grande, sur la porte du wagon, ainsi que plusieurs autres sur des commerces situés à la limite des villes de Bobigny et Drancy, a-t-on appris de source policière.

Les croix gammées ont été effacées peu après les constatations policières, a indiqué la mairie de Drancy. "Il s'agit de montrer que la haine, le racisme et l'intolérance n'ont pas droit de cité à Drancy", a expliqué Jean-Christophe Lagarde (NC), député-maire de la ville.

Les inscriptions ont été réalisées entre 01H20 et 02H00 du matin par une personne d'une vingtaine d'années de type européen, selon les images enregistrées par les caméras de vidéosurveillance situées près du site, a indiqué M. Lagarde.

"Cela fait très mal car le lieu était jusqu'à présent totalement respecté", avoue Lucien Tismander, représentant de l'Association Fonds Mémoire d'Auschwitz (Afma). "Ce monument est un peu le tombeau des 76.000 déportés de France et on l'a souillé", a-t-il ajouté.

"Cet acte est d'autant plus grave qu'il touche un des lieux les plus symboliques de la mémoire de la Shoah en France", a souligné l'Union des étudiants juifs de France (UEJF).

Pour le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), cet acte constitue une "insulte à la France toute entière". "Ses auteurs ont voulu cracher sur les juifs déportés de Drancy vers les camps de la mort (...) injurier les juifs, qui célèbrent les fêtes de Pessah, la Pâque juive" et "salir la ville même de Drancy, laboratoire de dialogue entre les composantes de la Nation", a ajouté le Crif.

Présent sur place, Hassan Chalghoumi, imam de Drancy, a voulu "montrer le soutien de la communauté musulmane envers la communauté juive et condamner la personne responsable, quels que soient son origine, ses croyances et ses idées politiques". "Nous entretenons d'excellentes relations entre communautés à Drancy et nous voulons montrer qu'une telle ville, symbole de malheur dans le passé, peut devenir un exemple de tolérance", a-t-il ajouté.

Dans un communiqué, la ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, a condamné "avec la plus grande fermeté les inscriptions antisémites faites à Drancy" et assuré "que tous les moyens sont mis en oeuvre pour identifier les responsables de ces actes inqualifiables et les traduire en justice".

"Devant tant de stupidité, nous voyons combien le devoir de mémoire est important et nous devons sans cesse réaffirmer notre détermination à lutter contre toutes manifestations de racisme et d'antisémitisme", a déclaré Claude Bartolone, président PS du conseil général de Seine-Saint-Denis.

Entre août 1941 et août 1944, le camp de Drancy a été le principal lieu d'internement et de départ des déportés juifs de France vers les camps d'extermination nazis, pour la majorité des convois vers Auschwitz-Birkenau.
 

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