CORÉE DU NORD

L'ONU va condamner le tir de fusée sans adopter de résolution

Le Conseil de sécurité de l’ONU devrait condamner le tir de la fusée balistique effectué la semaine dernière par la Corée du Nord. Les membres ont décidé d’adopter une déclaration, dépourvue du caractère contraignant d'une résolution.

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AFP - Le Conseil de sécurité de l'ONU devrait condamner lundi le tir de fusée balistique effectué récemment par la Corée du Nord mais dans une simple déclaration, dépourvue du caractère contraignant d'une résolution.

Les cinq membres permanents du Conseil (Chine, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie) et le Japon se sont mis d'accord sur une telle formule samedi, après une semaine de négociations, et l'ont présentée aux neuf autres Etats membres.

Après un tour de table qui a fait apparaître un probable consensus, le président du Conseil, l'ambassadeur du Mexique Claude Heller, a aussitôt convoqué une nouvelle réunion pour lundi en vue d'une adoption formelle. Pour être adoptée, une déclaration du Conseil nécessite l'unanimité des 15 membres.

Le texte de compromis auquel sont parvenues les six puissances "condamne le tir effectué par Pyongyang le 5 avril" et affirme qu'il est "en contravention avec la résolution 1718 du Conseil", qui interdit à la Corée du Nord tout essai nucléaire ou tir de missile.

Il "exige que la Corée du Nord s'abstienne de tout nouveau lancement".

Il annonce "un ajustement" de certaines mesures contenues dans la 1718 qui établissaient un régime de sanctions à l'égard de la Corée du Nord après qu'elle eut procédé à une série de tirs de missiles, puis à un essai nucléaire.

Selon un diplomate occidental parlant sous couvert de l'anonymat, ce passage signifie que le Conseil "va désigner d'ici à la fin du mois des entreprises nord-coréennes qui tomberont sous le coup d'un gel de leurs avoirs financiers à l'étranger".

Le principe d'un tel dispositif avait été mis en place par la 1718, incluant la création d'un comité ad hoc du Conseil de sécurité pour mettre en oeuvre et superviser les sanctions. Mais ce comité n'avait jamais été activé, pour ne pas compromettre les pourparlers à six sur la dénucléarisation de la péninsule coréenne, a expliqué ce diplomate.

Le projet de déclaration réitère par ailleurs le soutien du Conseil de sécurité à ces pourparlers, qui regroupent les deux Corées, la Chine, les Etats-Unis, le Japon et la Russie, et "appelle à leur reprise au plus tôt".

Enfin, le Conseil "exprime son désir d'une solution pacifique et diplomatique à cette situation".

Lors d'une première réunion du Conseil dimanche dernier aussitôt après le tir, des divergences de vues était apparues au sein du Conseil. Les Etats-Unis, les Européens et le Japon avaient préconisé une condamnation ferme du tir nord-coréen, au motif qu'il violait la résolution 1718.

Mais la Chine et la Russie avaient été réticentes à cette idée, Pyongyang ayant affirmé que l'engin n'avait mis en orbite qu'un simple satellite de communications. Pékin avait souligné le droit de tout pays à l'utilisation pacifique de l'espace.

Le projet de texte du Conseil ne tranche d'ailleurs pas ce débat, ne faisant référence ni à un missile ni à un satellite mais à "un tir".

Pékin et Moscou s'étaient également dits soucieux d'éviter un texte trop dur à l'égard de Pyongyang, afin de sauvegarder les pourparlers à six. La Corée du Nord a annoncé qu'elle "réagirait fermement" si elle devait être condamnée par les Nations unies.

Après la séance samedi, l'ambassadrice des Etats-Unis, Susan Rice, a affirmé que le projet de déclaration enverrait "à la Corée du Nord le message clair et ferme que sa violation du droit international ne resterait pas impunie".

"C'est un texte qui adresse, comme nous le souhaitions, un message clair à la Corée du Nord pour manifester notre désaccord avec ce qui s'est passé", avait estimé avant la réunion son homologue français, Jean-Maurice Ripert.
  

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