BANQUE - FRANCE

Un actionnaire porte plainte, Dexia soumis à une enquête préliminaire

Une enquête préliminaire, qui fait suite à une plainte d'un actionnaire pour "diffusion d'informations fausses ou trompeuses", a été ouverte à l'encontre de la banque Dexia. Le plaignant évalue son préjudice à 685 000 euros.

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AFP - Le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire sur la communication financière de la banque Dexia à la suite d'une plainte d'un actionnaire pour "diffusion d'informations fausses ou trompeuses", a-t-on appris mardi de source judiciaire.

L'enquête, confiée aux policiers de la Brigade financière, a été ouverte le 3 avril à la suite d'une plainte déposée le 11 mars par un professeur d'université de Perpignan, Robert Casanovas.

Le plaignant avait acheté début 2008 et dans le courant de l'année 113.390 actions de la banque franco-belge.

Alors que le 29 février 2008, l'action s'élevait à 15,67 euros, elle ne cotait plus qu'1,65 euros un an plus tard, soit une chute de 90,16%.

Début mars 2009, après l'annonce par la banque qu'elle était exposée à hauteur de 13 milliards d'euros dans les pays d'Europe centrale et de l'est, le cours plongeait de 20% supplémentaire, atteignant 1,21 euros, a affirmé à l'AFP M. Casanovas, qui a alors vendu ses actions.

"J'ai subi un préjudice de 685.850 euros", a-t-il confié, reprochant à la banque une communication financière erronée.

"Dans ses communiqués, Dexia n'a pas alerté du problème sur les difficultés qu'elle connaît maintenant, mais, plus grave, elle donnait des informations rassurantes et inexactes", a-t-il soutenu.

"Il appartenait à Dexia de prendre toutes les mesures, notamment d'organisation, afin de ne pas exposer inutilement ses petits actionnaires à des risques inconsidérés et de ne pas les avoir informés immédiatement des dysfonctionnements", a dénoncé M. Casanovas.

La diffusion d'informations fausses ou trompeuses, dont M. Casanovas dit avoir été victime, est passible de deux ans d'emprisonnement et de 1,5 millions d'euros d'amende.

M. Casanovas affirme avoir également saisi la justice belge des mêmes faits.

Dexia n'est pas la première banque visée par une fronde d'actionnaires s'estimant lésés par l'évolution de son cours de bourse.

Le parquet de Paris a également ouvert début mars une enquête préliminaire sur la communication financière de Natixis à la suite d'une plainte d'une centaine de petits actionnaires emmenés par l'Association pour la défense des actionnaires minoritaires (Adam).

Leur plainte vise les faits de "diffusion d'informations trompeuses", de "présentation de comptes inexacts", "répartition de dividendes fictifs" et de "présentation de faux bilan". Une deuxième plainte d'un groupe d'actionnaires de Natixis a également été déposée fin mars.

De son côté, Dexia, banque spécialisée dans le financement des collectivités locales, fait par ailleurs l'objet d'une enquête de la Commission européenne sur le plan d'aide mis sur pied par la France, la Belgique et le Luxembourg pour l'aider à surmonter la crise financière.

Bruxelles s'inquiète en effet de distorsions possibles de concurrence à la suite du renflouement de la banque en septembre.

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