PAKISTAN

Le sud-ouest du pays secoué par de violentes émeutes

L'assassinat de trois leaders politiques au Balouchistan, un province du sud du Pakistan, a suscité colère et indignation au sein de la population. Depuis le 9 avril, une grève générale, qui tourne à l'émeute, paralyse la région.

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, correspondant FRANCE 24 au Pakistan

Quetta n'est plus qu'une ville morte : les routes sont désertes, les tribunaux sont en grève, les écoles et les universités sont fermées, les transports publics ne fonctionnent plus.


Depuis la mi-avril, la capitale du Balouchistan, une province du sud du Pakistan, est paralysée par une grève générale lancée à l'appel des partis nationalistes baloutches. A l’origine de la crise : l'assassinat de trois politiciens locaux dont les corps mutilés ont été retrouvés, le 9 avril, à Turba, une ville située au sud-ouest de la province.


Les forces de sécurité prises pour cible


Les victimes auraient été d'abord détenues par les forces de sécurité pakistanaises, ce que dément le gouvernement.


Le Premier ministre, Yousouf Reza Gilani, a d'ailleurs condamné ces meurtres. Cela n'a pas suffi à empêcher de violentes émeutes qui ont fait une vingtaine de morts. Les manifestants s'en sont pris aux commissariats de police et aux forces de l'ordre mais aussi à des voitures de l'ONU, à des agences bancaires et à des bâtiments gouvernementaux. Les autoroutes menant à Quetta sont bloquées.


Pour l’heure, le gouvernement n'a pas fait grand chose pour calmer la situation puisqu'il s'est contenté de faire appel à la police anti-émeute.


Une province très pauvre


Les partis nationalistes baloutches réclament, depuis des décennies, plus d'autonomie, voire l'indépendance de la région. La Constitution pakistanaise de 1973 prévoyait l'autonomie du Baloutchistan, mais elle n'a jamais été appliquée.


Les enlèvements, les meurtres de leaders nationalistes et la répression gouvernementale se sont poursuivis les années suivantes et, depuis 2002, les installations gazières sont régulièrement attaquées par des insurgés qui accusent Islamabad de "coloniser" la province.


De fait, la population reproche au gouvernement fédéral de ne pas réinvestir les profits réalisés grâce à l'exploitation du gaz, du pétrole et du charbon et qui bénéficient surtout au Penjab, la région la plus riche du Pakistan dont la plupart des leaders politiques et militaires pakistanais sont originaires. Les exploitations minières sont d'ailleurs toujours des cibles : samedi, l'armée de libération du Baloutchistan a revendiqué l'assassinat de six ouvriers qui travaillaient dans une mine de charbon. Aujourd'hui, le Baloutchistan est une des provinces les plus pauvres du pays alors que c'est la plus riche en ressources naturelles.


Mais c'est aussi une plaque tournante pour les Taliban afghans qui y font transiter du pavot et des armes.

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