PIRATERIE

Paris annonce la capture de 11 pirates au large du Kenya

Le ministère de la Défense annonce qu'un navire militaire français, la frégate Nivôse, déployée dans le cadre de l'opération européenne Atalante, a intercepté 11 pirates qui naviguaient au large des côtes du Kenya.

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La frégate française Nivôse a intercepté ce mercredi onze pirates au large du Kenya. Un premier coup de filet pour le navire français en patrouille dans l’océan Indien depuis quelques heures seulement.

 

Face à la recrudescence, ces dernières semaines, d’actes de pirateries au large de la côte orientale de la Somalie, la force anti-piraterie européenne Atalante a envoyé mardi le Nivôse, et un Falcone 50, pour surveiller la zone. Le navire et l’avion doivent "travailler de concert avec les avions de patrouille maritime espagnol et français basés à Djibouti", précise Christophe Prazuck, porte-parole de l'état-major des armées.

 

A peine sa mission commencée, la frégate a croisé la route de flibustiers : "Elle avait repéré les pirates le 14 avril au soir lorsque son hélicoptère avait permis de déjouer leur attaque contre le bâtiment de commerce Safmarine Asia (pavillon du Liberia, ndlr)", a expliqué le ministère de la Défense dans un communiqué. Pendant tout la nuit, la frégate a pisté les embarcations des malfrats pour finalement les intercepter au lever du jour.

 

Changement de cap

 

Avant l’arrivée du Nivôse dans l’océan Indien, seuls les bâtiments militaires chargés d’escorter les bateaux du Programme alimentaire mondiale (PAM) longeaient la côte de la Somalie. Le reste de la force internationale déployée contre la piraterie était entièrement concentrée dans le golfe d’Aden, où passent tous les jours une soixantaine de navires.

 

"Jusqu’à présent, le plus gros des attaques se passaient dans cette zone, qui est une véritable autoroute maritime et un vivier idéal pour les pirates", explique Christophe Prazuck. Et d'ajouter: "Les pirates semblent pourtant maintenant multiplier les attaques au-delà, comme l’a prouvé la prise du Tanit" et celles qui ont suivi.

 

Le voilier français Tanit, libéré lors d'une opération militaire vendredi 10 avril, avait été capturé dans l'océan Indien, au large de la Somalie, début mars. Le même jour, un porte-conteneur allemand avait également été capturé en pleine de mer, à environ 400  milles nautiques de la côte somalienne, entre le Kenya et les Seychelles. Les attaques qui ont suivi se sont aussi produites en grande majorité hors du golfe d’Aden.

 

Ressources logistiques importantes

 

Selon Christophe Prazuck, ce changement géographique peut signifier que les pirates se sentent trop surveiller dans le golfe d’Aden. Mais il admet que cela peut tout autant vouloir dire que les pirates gagnent en puissance. "Ce déplacement nécessite en tous cas des ressources logistiques importantes, explique le militaire. Ils doivent notamment utiliser des bateaux capables d’attendre longtemps en mer que passe une proie."

 

Une hypothèse confirmée par l’arrestation de ce mercredi, qui s'est déroulée à environ 900 kilomètres à l'est de Mombasa, ville portuaire kenyane, soit à une distance des côtes encore plus grande que celle où se trouvait le Sirius Star lors de sa capture en novembre 2008, et surtout très en-dessous du golfe d’Aden.

 

Les pirates naviguaient sur un bateau-mère, une embarcation "de 10 mètres de long transportant notamment deux skiffs d'assaut (petits bateaux légers et très rapides, ndlr) et 17 fûts de 200 litres de carburant", relate le ministère de la Défense français. Une quantité de fuel suffisante pour tenir plusieurs semaines, en attendant leur proie.

 

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