PÊCHE

Trois ports du nord de la France bloqués par des pêcheurs

Les pêcheurs bloquent les ports de Boulogne-sur-Mer, Calais et Dunkerque pour réclamer une hausse des quotas de pêche de cabillaud et de sole. Le ministre de l'Agriculture et de la Pêche, Michel Barnier, propose une réunion jeudi.

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AFP - Les pêcheurs de la Côte d'Opale se sont lancés mardi dans un conflit dur en bloquant totalement les ports de Boulogne-sur-Mer, Calais et Dunkerque, paralysant le trafic transmanche et le second port de France, pour obtenir une augmentation des quotas de cabillaud et de sole.

A 16H00, une vingtaine de bateaux en rangs serrés autant à Boulogne-sur-Mer qu'à Calais entamaient le blocage des deux ports en lançant des fusées de détresse avec des banderoles "SOS, on coule" et vers 17H30, les deux ports - ouest et est - de Dunkerque étaient totalement bloqués par une quarantaine de fileyeurs et chalutiers.

Boulogne-sur-Mer est le premier port de pêche français en tonnage, celui de Calais assure le trafic transmanche avec l'Angleterre et Dunkerque est le deuxième port de France après Marseille.

"Nous lançons un mouvement dur, pour autant de temps qu'il le faudra, car notre pêche artisanale est en train de mourir alors que la ressource en poissons est abondante", a déclaré à l'AFP M. Patrick Haezebrouck, vice-président du comité des pêches de Dunkerque (Nord).

Selon lui, la quasi-totalité de la flotte artisanale de pêche de la zone participe au mouvement, soit environ 110 bateaux et plus de 500 pêcheurs.

Le ministre de la Pêche, Michel Barnier, a proposé mardi soir aux pêcheurs de la Côte d'Opale de venir discuter jeudi matin à Paris de mesures "d'accompagnement économique" mais a écarté toute remise en cause des quotas actuels.

A Dunkerque, les pêcheurs laissaient quand même passer les bateaux de plaisance, mais "seulement aujourd'hui", selon Philippe Nowé, représentant CGT des fileyeurs de Dunkerque.

La direction de Seafrance, l'opérateur des ferry à Calais, a indiqué à l'AFP qu'il "n'y avait plus de trafic de ferries depuis 16H10" et que les clients attendaient sur les parkings pour "voir combien de temps cela allait durer".

"Un de nos bateaux devait partir cette nuit et un autre demain matin. Si ça ne se négocie pas avant demain, on a deux bateaux en carafe. C'est des dizaines de milliers d'euros par jour", a déclaré de son côté à l'AFP un responsable de CMA-CGM Delmas, armateur qui représente 60% des activités containers du port dunkerquois.

Jacques Bigot, secrétaire national CFTC de marins-pêcheurs, majoritaire dans la profession du littoral, a expliqué à l'AFP que "les fermetures de quotas en mer du Nord et en Manche sur le cabillaud et la sole placent les chalutiers ou les fileyeurs dans l'impossibilité de survivre".

Il estime qu'ils "pourraient être rejoints d'ici quelque temps par les ports de Dieppe et du Havre, voire Cherbourg".

"On peut comprendre les pêcheurs, mais il fallait râler avant que le ministre ne vote les quotas", a répondu une porte-parole du commissaire à la Pêche de la commission européenne, Joe Borg.

Le ministère français de la Pêche a également souligné mardi que les quotas de cabillaud avaient déjà été augmentés de 30% pour 2009 après 25% en juin 2008, indiquant que le problème des pêcheurs nordistes est qu'"ils ont trop de bateaux" pour ces quotas.

Depuis lundi soir, les pêcheurs avaient commencé à bloquer la zone Capécure de transformation des produits de la mer de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais), pour empêcher les camions étrangers d'y pénétrer.
 

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