THAÏLANDE

Le leader des "chemises jaunes" attaqué par des hommes armés

Sondhi Limthongkul (photo), chef d'un mouvement hostile à l'ex-Premier ministre Thaksin Shinawatra, a été blessé par balle lors d'une attaque menée dans une station-service de Bangkok. Ses jours ne seraient pas en danger.

Publicité

AFP - Le fondateur d'un mouvement royaliste thaïlandais, farouchement hostile à l'ex-Premier ministre Thaksin Shinawatra, a été sérieusement blessé dans une embuscade vendredi à Bangkok qui visait, selon le gouvernement, à provoquer de nouveaux désordres dans le pays.

La victime de cette tentative d'assassinat est Sondhi Limthongkul, 61 ans. Il a été opéré pendant environ deux heures aussitôt après l'attaque menée à l'aube par des hommes armés de fusils automatiques qui ont blessé deux autres personnes, selon la police et un hôpital.

Les médecins ont retiré un fragment de balle qui s'était logé dans le crâne de M. Sondhi, du côté de la tempe droite, a déclaré à l'AFP Chaiwan Charoenchoketavee, directeur du Vajira Medical College où la victime a été hospitalisée.

"L'opération est terminée", M. Sondhi est "sain et sauf" et "il peut parler", a-t-il dit.

Au moins deux assaillants ont ouvert le feu sur le véhicule de M. Sondhi, patron de presse et fondateur de l'Alliance du peuple pour la démocratie (PAD), mouvement qui avait, par de puissantes manifestations, déstabilisé M. Thaksin avant son renversement par des généraux royalistes en 2006, a précisé la police.

La PAD est également connue sous le nom de mouvement des "chemises jaunes", qui avait occupé les deux aéroports de Bangkok pendant huit jours en 2008 alors que des lieutenants de M. Thaksin étaient revenus au pouvoir à la faveur d'élections. Le gouvernement pro-Thaksin avait fini par tomber en décembre.

L'embuscade de vendredi a été tendue alors que M. Sondhi allait enregistrer une émission pour la chaîne de télévision par satellite dont il est propriétaire, a déclaré un commandant de police, le colonel King Kwaengwisatchaicharn.

"Au moins deux assaillants ont suivi la voiture de Sondhi, l'ont immobilisée et l'ont arrosée de balles d'AK-47 et de M-16", a-t-il dit, précisant qu'au moins 100 douilles avaient été retrouvées.

"Son chauffeur est dans un état sérieux, mais stable, et un assistant de Sondhi a été légèrement blessé. La voiture a été gravement endommagée, tous les pneus ont crevé et le pare-brise a volé en éclats", a ajouté le responsable policier.

Cette attaque est intervenue quelques jours après la répression par l'armée thaïlandaise du mouvement de protestation des "chemises rouges", fidèles à M. Thaksin qui vit lui-même en exil.

Les violences du début de la semaine ont fait au moins deux morts et 123 blessés à Bangkok où l'état d'urgence reste en vigueur. Les autorités ont déclaré enquêter sur des informations faisant état de la découverte des corps de deux "chemises rouges" dans un fleuve.

Panitan Wattanayagorn, porte-parole du gouvernement, a déclaré que la tentative d'assassinat contre M. Sondhi visait à créer de nouveaux désordres.

"Il y a eu dans le passé des tentatives pour assassiner Sondhi, ainsi que (des membres) du gouvernement, y compris le Premier ministre et d'autres personnalités, ce n'est pas nouveau", a dit M. Panitan. "Mais, cette fois, l'action s'est produite alors que l'état d'urgence est encore en vigueur. C'était une tentative de créer des désordres".

Pendant leur mouvement de protestation, les "chemises rouges" de M. Thaksin ont exigé la démission du Premier ministre Abhisit Vejjajiva et de nouvelles élections.

Les "rouges" se sont insurgés contre le laxisme des autorités vis-à-vis des "jaunes", dont aucun leader n'a jusqu'ici été traduit en justice pour le blocus des aéroports de Bangkok en novembre.
 

Le résumé de la semaineFrance 24 vous propose de revenir sur les actualités qui ont marqué la semaine