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Les salariés de Caterpillar condamnés pour "occupation illicite"

La justice a condamné 19 salariés de l'usine Caterpillar de Grenoble qui bloquaient l'accès au site à en garantir le libre accès, sous peine de devoir payer 200 euros d'amende chacun par jour. Ils protestaient contre un plan de licenciement.

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AFP - Le tribunal de grande instance de Grenoble a condamné vendredi 19 salariés de Caterpillar pour occupation illicite, leur ordonnant de laisser libre accès à l'usine grenobloise, sous peine de payer 200 euros d'astreinte chacun par jour.

Massés devant le TGI, les salariés qui n'avaient pas pu rejoindre la salle d'audience ont accueilli la décision avec colère, criant à l'injustice et appelant à l'intervention d'un médiateur national pour que "le problème se règle rapidement".

"Bravo l'indépendance de la justice !", ont-ils ironisé à l'annonce du délibéré, alors que certains salariés s'apprêtaient à passer une troisième nuit dans l'usine.

"Il n'a pas été décidé de recourir à la force public. Il vous a été demandé de procéder volontairement à l'évacuation", a tenté de rassurer l'avocat des salariés, Me Pierre Janot, à la sortie du tribunal.

Les 19 salariés du constructeur américain d'engins de chantiers étaient assignés pour "entrave à la liberté de travailler" et "occupation illicite de locaux".

"On nous demande d'accepter gentiment ce que nous dit la direction, de baisser la tête et de dire +merci patron+", s'est exclamé Pierre Picaretta, délégué CGT.

"On est prêt dès ce soir à rencontrer la direction autour d'une table avec un médiateur et à débuter de véritables négociations", ajoutait un délégué CGT.

La fin des négociations dans le cadre du plan de sauvegarde de l'emploi était prévue ce vendredi soir.

"Rien n'est réglé dans le conflit. La direction peut considérer que c'est fini, mais on va continuer à rebondir", a poursuivi le délégué CGT.

"Cette décision de justice devrait permettre de ramener la sérénité sur les sites de Caterpillar France", a pour sa part fait savoir la direction dans un communiqué.

"Lundi matin, 20 avril, plus de 2.000 salariés reprendront le travail après une période de chômage partiel," a-t-elle ajouté.

"Nous renouvelons notre appel au calme, de façon à ce que les négociations se déroulent dans les meilleures conditions dans l'intérêt de tous", a-t-elle conclu.

Le 17 février, la direction de Caterpillar France, filiale du groupe américain de construction d'engins de chantier, avait déposé un plan de réorganisation prévoyant la suppression de 733 des 2.800 emplois sur les sites d'Echirolles et de Grenoble, arguant d'une baisse des commandes sur fond de crise économique mondiale.
 

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