SOUDAN

L'aide humanitaire du Darfour en passe d'être rétablie

L'aide humanitaire pour le Darfour sera "en partie rétablie", s'est félicité le sénateur américain John Kerry. Elle avait été coupée en réponse au mandat d'arrêt de la Cour pénal internationale contre le président Omar el-Béchir.

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AFP - L'aide humanitaire au Darfour, qui avait été amputée par l'expulsion le mois dernier de grandes ONG internationales, sera "en partie rétablie", s'est félicité jeudi soir le sénateur américain John Kerry à l'issue d'entretiens avec de hauts responsables soudanais.

Le Soudan a expulsé 13 ONG internationales et mis fin aux activités de trois organisations locales actives au Darfour en réponse au mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) contre le président soudanais Omar el-Béchir pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité au Darfour.

Le Darfour "est le théâtre de la plus importante opération humanitaire au monde, soutenue par les Etats-Unis et mise en oeuvre par plusieurs organisations humanitaires dévouées tant internationales que soudanaises. Cet effort a récemment été interrompu par l'expulsion de 16 de ces organisations", a déclaré le sénateur américain.

Or "grâce au leadership de l'envoyé spécial du président (américain Barack Obama) le général Scott Gration et grâce à la volonté du gouvernement (soudanais) de s'engager dans un nouveau dialogue avec nous, une partie de cette capacité humanitaire va être rétablie", a ajouté M. Kerry à l'issue d'un entretien avec le second vice-président soudanais Ali Osmane Mohammed Taha.

Mais "un rétablissement partiel de cette capacité n'est toutefois pas suffisant", a toutefois prévenu le président de la commission des Affaires étrangères du Sénat américain.

Le sénateur Kerry n'a pas précisé si cela impliquait le retour des ONG expulsées ou l'arrivée de nouvelles organisations internationales au Darfour.

Le Soudan va accueillir des ONG internationales incluant des organisations américaines, mais pas nécessairement celles qui ont été expulsées, a indiqué à l'AFP un haut responsable soudanais sous le couvert de l'anonymat.

Selon l'ONU, l'expulsion des grandes ONG internationales menace à terme l'acheminenent d'une aide essentielle à plus d'un million de personnes au Darfour. "Le temps presse pour éviter une catastrophe humanitaire", a affirmé M. Kerry.

Les Etats-Unis souhaitent renforcer leur relation bilatérale avec Khartoum, mais cela dépendra des gestes posés par le gouvernement soudanais, a déclaré M. Kerry.

"Notre espoir est que le gouvernement du Soudan prendra des décisions sur le Darfour, (la mise en oeuvre) de l'accord de paix Nord-Sud et sur d'autres enjeux dont les armes, le Hamas, des choses qui importent dans la relation afin que nous puissions aller de l'avant", a dit M. Kerry, lors d'une rencontre avec la presse, plus tôt en soirée.

L'ancien candidat démocrate à la Maison Blanche a par ailleurs exhorté les rebelles du Darfour à s'engager en faveur de pourparlers de paix avec le gouvernement soudanais.

"Ce qui m'encourage aujourd'hui c'est que tous les membres du gouvernement m'ont dit qu'ils sont prêts à retourner à la table des discussions, à réaliser la paix au Darfour, et nous reconnaissons tous que les rebelles doivent faire de même", a déclaré M. Kerry.

Ce dernier a précisé que le Tchad, l'Egypte et la Libye - trois pays limitrophes du Soudan devaient prendre part à ce processus de paix au Darfour, région en proie depuis 2003 à un conflit complexe à l'origine de 300.000 morts selon l'ONU, mais de 10.000 estime Khartoum.

Les rebelles du Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM), le plus militarisé des groupes rebelles, a signé en février dernier un accord à Doha, au Qatar, avec les autorités soudanais devant mener à une conférence de paix. Mais le JEM a dit depuis s'être retiré de cet accord.
 

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