AFRIQUE DU SUD

Nelson Mandela, vedette surprise de la réunion de l'ANC

Invité surprise d'un meeting géant à trois jours des élections générales en Afrique du Sud, Nelson Mandela a rappelé, dimanche, le parti au pouvoir à ses devoirs : la lutte contre la pauvreté et la construction d'une société non raciale.

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AFP - Vedette surprise d'un meeting géant à trois jours des élections générales en Afrique du Sud, Nelson Mandela a rappelé dimanche le parti au pouvoir à ses devoirs: la lutte contre la pauvreté et la construction d'une société non raciale.

Quelque 120.000 partisans du Congrès national africain (ANC) se sont réunis dans le stade Ellis Park, au centre de Johannesburg, pour ce dernier rassemblement avant le scrutin de mercredi qui devrait propulser leur chef, Jacob Zuma, à la présidence du pays.

Le rassemblement avait été baptisé Siyanqoba (victoire, en zoulou), les sondages créditant l'ancien mouvement de résistance à l'apartheid de plus de 60% des suffrages, comme lors des trois autres scrutins nationaux depuis l'avènement de la démocratie multiraciale en 1994.

Déjà festive, l'atmosphère est devenue électrique quand le Nobel de la paix Nelson Mandela, a fendu la foule aux côtés de Jacob Zuma avant de se hisser, avec difficulté, sur l'estrade.

Vêtu d'un t-shirt noir et jaune, aux couleurs du parti, le héros de la lutte anti-apartheid, qui à 90 ans n'apparaît que rarement en public, a été acclamé par un public en extase. L'ANC avait promis un message de "Madiba" (son nom de chef de clan), mais sa venue n'avait pas été annoncée.

"Nous devons nous rappeler que notre première tâche est d'éradiquer la pauvreté et d'assurer une meilleure vie à tous", a lancé Mandela, trop frêle pour parler en public, dans un message pré-enregistré.

Plus de 43% des 48,5 millions d'habitants de la première économie du continent vivent sous le seuil de pauvreté et le chômage frôle les 40%, malgré un sous-sol riche en minerais et métaux précieux.

"L'ANC a pour responsabilité historique de mener notre nation vers la construction d'une société unie et non raciale", a encore insisté Mandela.

Jacob Zuma lui a ensuite fait écho à la tribune, assurant que l'Afrique du Sud appartenait "à tous, Noirs et Blancs, travaillant ensemble".

"Nous ferons en sorte qu'aucun Sud-Africain ne se sente jamais dévalorisé à cause de sa race, culture ou religion", a poursuivi le favori de la course à la présidence, s'engageant à son tour à "améliorer la qualité de vie".

Pendant la campagne, Mandela, icône de la paix à la popularité universelle, s'était contenté d'une brève apparition surprise au cours d'un meeting de l'ANC, sans prendre la parole. Il s'était aussi abstenu de soutenir publiquement la candidature de Jacob Zuma, personnalité controversée aux nombreux démêlés avec la justice.

Plus de 23 millions de Sud-Africains sont appelés mercredi à renouveler leurs parlements provinciaux et l'Assemblée nationale, dont les membres éliront ensuite le président de la République.

Fort d'une légitimité issue de la lutte contre l'apartheid, l'ANC vise une majorité des deux tiers à la chambre basse. Jacob Zuma, qui vient de bénéficier d'un abandon de poursuites pour corruption à son encontre et qui avait été acquitté lors d'un procès pour viol en 2006, est quasiment assuré d'accéder à la magistrature suprême.

Son élection devrait clore des mois de luttes intestines au sein de l'ANC qui ont débouché en septembre sur l'éviction du président Thabo Mbeki, renvoyé par son propre parti après neuf années à la tête de l'Etat.

Thabo Mbeki, dont des proches ont créé en décembre un nouveau parti, le Congrès du peuple (Cope), était absent du rassemblement de Johannesburg.

Dans le reste du pays, le Cope et les autres partis d'opposition ont également organisé des réunions électorales qui n'ont toutefois réuni que quelques centaines de personnes.

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