MOTO

La Yamaha N.7 s'adjuge les 24 Heures du Mans

La Yamaha N.7 pilotée par le Slovène Igor Jerman, l'Australien Steve Martin et le Français Gwen Giabbani a profité de la nuit et des problèmes de ses concurrents pour s'imposer lors de la 32e édition des 24 Heures du Mans.

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AFP - Yamaha s'est offert dimanche la 3e victoire de son histoire aux 24 Heures du Mans moto pour avoir su, mieux que ses concurrents, maîtriser les conditions climatiques délicates qui ont pimenté la 32e édition de l'épreuve, brisant du même coup l'hégémonie de Suzuki, auteur d'un doublé en 2007 et 2008.

Sacrée en 1991 et 2005, la marque aux trois diapasons a pu compter sur une Yamaha N.7 (YZF R1) et un trio de pilotes solide, avec le Slovène Igor Jerman, l'Australien Steve Martin et le Français Gwen Giabbani, pour renouer avec la victoire.

Ce succès est encore plus savoureux pour Jerman, dont c'est la 2e victoire au Mans après celle de 1998.

"J'ai attendu 11 ans pour gagner à nouveau au Mans. L'équipe a vraiment très bien travaillé, avec Yamaha et Michelin", pouvait-il souligner.

En reprenant la tête de l'épreuve peu après la troisième heure de course samedi, après un premier intérim en pointe, Mandy Kainz et son team du YART (Yamaha Austria Racing Team) ne savaient sans doute pas encore qu'ils venaient d'effectuer un pas magistral vers la victoire finale, si loin de l'arrivée.

Mauvaise adéquation

Comme un symbole de passation de pouvoir, et comme une explication avant l'heure des raisons du succès du YART, c'est une mauvaise adéquation entre les réglages de la Suzuki N.1 du SERT (Suzuki Endurance Racing Team) et ses pneumatiques Dunlop au moment où les nuages se crevaient qui allait précipiter leur prise de pouvoir.

"Quand on vient ici, on vient pour gagner, il faut être fin prêt pour que tout marche bien: les pneus avec la moto et la moto avec les pneus", regrettait Dominique Méliand, manageur du SERT, finalement 3e à 11 tours.

Tout au long des 24 heures de l'épreuve, débutée samedi à 15h00 sous un soleil timide et les cris passionnés de plusieurs dizaines de milliers de spectateurs présents au Bugatti (90.000 selon les organisateurs), la Yamaha N.7 chaussée de Michelin hyper efficaces sur mouillé aura fait montre d'une belle régularité.

C'est la seule qui, parmi les formations de tête, n'aura jamais connu la chute. Seul moment d'interrogation, un changement des étriers de freins non prévu dimanche à l'aube, à l'heure où blanchissait la campagne sarthoise empêtrée dans un brouillard tenace.

Tout au long de la course, l'humidité aura joué de vilains tours aux 46 concurrents, dont seulement 27 auront réussi à rejoindre l'arrivée (19 abandons).

"Tout écraser au Bol d'Or"

Honda France, absent du Mans depuis 2001, peut se mordre les doigts d'avoir vu ses pilotes chuter à des moments cruciaux, alors que la N.111, 2e à 5 tours, paraissait posséder tous les atouts pour l'emporter.

Dès le 13e tour d'abord, lorsque Matthieu Lagrive, alors en tête, ne pouvait empêcher sa machine d'aller caresser de trop près le bitume. Avec six à sept tours de perdus pour réparer, l'affaire devenait compliquée. Dimanche matin ensuite, avec celle de l'Anglais Steve Plater, et un quart d'heure supplémentaire de débours.

Chaussée de Michelin, la machine avait pourtant souvent mis cinq secondes au tour à la concurrence, voire plus...

"Cette 2e place on va s'en contenter", expliquait Bernard Rigoni, patron de la compétition chez Honda France, avant de promettre: "On a montré un gros potentiel malgré une absence très longue. On va cogiter pour tout écraser au Bol d'Or".

En SuperStock, la course aura été indécise jusqu'au bout puisqu'il aura fallu attendre la dernière demi-heure pour voir la Suzuki N.72 du Team Junior Suzuki prendre le meilleur sur la Suzuki N.95 du Qatar Endurance Racing Team.
 

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