HAÏTI

Violentes échauffourées en marge des sénatoriales

Plus de 4,5 millions d'Haïtiens étaient appelés à renouveler, dimanche, un tiers du Sénat. Certains scrutins ont dû être annulés en raison des incidents qui ont éclaté dans l'île, où la participation est restée très faible.

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AFP - Des incidents violents ont émaillé dimanche l'élection sénatoriale partielle en Haïti forçant les autorités à annuler le scrutin dans certaines régions alors que la participation était très faible dans l'ensemble du pays.

Le président du Conseil électoral provisoire haïtien (CEP) Frantz-Gérard Verret a annoncé l'annulation des élections dans le Centre d'Haïti où des incidents violents avaient éclaté quelques heures après l'ouverture du scrutin.

"En vertu de la situation de sécurité publique régnant dans le Centre du pays, après concertation avec les autorités de police et au sein même du CEP, nous stoppons les élections dans cette région", a déclaré à la presse le président de l'institution électorale.

La campagne électorale a été particulièrement tendue dans cette région du pays où six candidats dont des proches du pouvoir en place s'affrontent pour un poste vacant au Sénat haïtien.

"Nous attendons les résultats qui seront publiés par le CEP pour savoir quel est le pourcentage réel de participation au scrutin", a déclaré le président haïtien René Préval à des journalistes alors qu'il venait de voter non loin du palais présidentiel.

Rentré au pays dimanche après avoir participé à Port of Spain au sommet des Amériques, M. Préval a refusé de commenter la décision prise par l'institution électorale d'annuler le vote dans des régions troublées.

Des centres de vote ont été attaqués par des inconnus armés dimanche matin dans la ville de Mirebalais (57 km à l'est de Port-au-Prince) où des centaines de personnes ont manifesté tandis que des tirs d'armes à feu ont été entendus dans la ville, ont rapporté des radios de la capitale.

Un chauffeur qui transportait des caisses de bulletins dans un véhicule privé a été interpellé par la police haïtienne qui a également saisi des armes à feu, selon le porte-parole de la police nationale d'Haïti.

"De nombreuses arrestations ont été opérées dans les régions, mais il n'y a pas de graves incidents, nous avons réagi avec rapidité chaque fois qu'il était nécessaire", a déclaré le directeur général de la police nationale à la télévision nationale d'Haïti.

Dans d'autres régions d'Haïti, des incidents similaires ont été enregistrés devant des bureaux de vote. A Vérettes (nord), des responsables locaux ont arrêté les opérations de vote en raison de nombreux incidents qui ont émaillé la journée.

Au moins un policier a été blessé par des jets de pierre tandis qu'un inspecteur électoral a été blessé par balles tirées par des inconnus.

A Port-au-Prince, la capitale, aucun incident majeur n'a été signalé, mais très peu d'électeurs étaient remarqués devant les bureaux de vote et dans les rues où sillonnaient des véhicules de la police haïtienne.

Le parti de l'ex-président Jean-Bertrand Aristide, Fanmi Lavalas, écarté de lq course, avait lancé l'opération "porte fermée" appelant ses partisans à bouder les urnes.

Plus de 4,5 millions d'Haïtiens étaient appelés à voter pour désigner 12 sénateurs parmi 78 candidats qui se présentaient dans cette élection partielle pour le renouvellement du tiers du Sénat haïtien.
 

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