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Des employés de Continental saccagent une sous-préfecture

Des employés de l'usine Continental de Clairoix s'en sont violemment pris aux locaux de la sous-préfecture de Compiègne en apprenant que la justice rejetait leur demande de suspension de la procédure de fermeture du site.

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AFP - La colère a explosé chez les "Conti" de Clairoix (Oise) qui ont saccagé la sous-préfecture de Compiègne ainsi qu'une guérite à l'entrée de leur usine après le rejet mardi par la justice de leur demande de suspension de la procédure de fermeture du site.

"Ca fait des mois qu'on entend dire que les Continental sont des gentils. C'est fini, les gentils. Ca fait cinq semaines qu'on retient les gens, là on n'a pas pu", a affirmé à l'AFP Xavier Mathieu, délégué CGT de Continental à Clairoix.

"Déjà, dès le premier jour, ils voulaient tout exploser et (mettre) le feu à l'usine", a précisé le syndicaliste.

Dans la sous-préfecture de Compiègne, des bureaux et des ordinateurs ont été saccagés et des dossiers renversés par des salariés rendus furieux par l'annonce de la décision du tribunal de Sarreguemines (Moselle), a déclaré le parquet de Compiègne qui évoque une grande quantité de dégâts matériels, mais indique qu'il n'y a pas eu de blessés.

Une plainte a été déposée et une enquête ouverte, a-t-on appris de source judiciaire.

"Tout en comprenant la détresse et l'inquiétude des salariés de l'entreprise", la ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie a "condamné" ces dégradations et rappelé "que de tels agissements ne sauraient être tolérés".

"Tout est mis en oeuvre pour identifier les auteurs", a-t-elle assuré dans un communiqué.

La colère des "Conti" a explosé lorsqu'ils ont appris que le juge des référés du tribunal de Sarreguemines les déboutait de leur demande d'annulation ou de suspension de la procédure de fermeture de leur usine au motif qu'il n'avait constaté "aucune irrégularité" dans cette procédure.

L'avocat des "Conti", Me Ralph Blindauer, a au contraire estimé que le droit des comités d'entreprise avait été "cassé" par cette décision. Il a annoncé son intention de poursuivre l'action judiciaire sur le fond, à Compiègne ou à Sarreguemines.

Pour la direction, "le tribunal a reconnu que Continental avait bien rempli ses obligations légales" envers les partenaires sociaux.

Après les incidents de Compiègne, le secrétaire d'Etat à l'Industrie Luc Chatel a proposé des discussions "tripartites" entre les salariés de Continental et la direction autour du gouvernement.

Les syndicats, qui demandaient une médiation de l'Etat, ont fraîchement accueilli cette initiative.

"C'est une déclaration de plus. Le jour où Luc Chatel me téléphonera pour me dire +la réunion est tel jour, à telle heure+, on verra", a réagi Xavier Mathieu.

"De toute façon, tripartite ou pas, si Continental confirme (la décision de fermer l'usine, ndlr), l'Etat dira +au moins on a essayé+ et l'usine fermera", a-t-il déclaré à l'AFP.

Invité de Public Sénat, le ministre en charge de la Relance Patrick Devedjian a évoqué de son côté des "pistes sérieuses" de reprise de Continental.

"J'ai discuté avec d'éventuels repreneurs et il y a des gens qui sont intéressés, c'est pas facile à sortir techniquement mais c'est possible", a-t-il dit, précisant qu'il ne s'agissait pas de Michelin.

Représentants du personnel et de la direction devaient se retrouver dès mercredi à Nice pour un comité central d'entreprise centré sur les mesures d'accompagnement social de la fermeture de Clairoix.

Ils se rendront dans la foulée à Hanovre (Allemagne) où sont prévues jeudi une assemblée générale des actionnaires du groupe et une manifestation des salariés français et allemands de l'équipementier.

Le 11 mars, la direction de l'équipementier allemand a annoncé la fermeture de l'usine de Hanovre (780 salariés) et celle du site de Clairoix en France (1.120 personnes).
 

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