VENEZUELA

Caracas demande l'arrestation d'un chef de l'opposition en exil

La justice du Venezuela a délivré un mandat d'arrêt pour corruption contre un leader de l'opposition vénézuélienne, Manuel Rosales (photo), farouche opposant à Hugo Chavez. Réfugié au Pérou, il a demandé à Lima l'asile politique.

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AFP - Un leader de l'opposition vénézuélienne, Manuel Rosales, objet d'un mandat d'arrêt à Caracas, a lancé mercredi au Pérou - où il a demandé l'asile politique - une attaque virulente contre le gouvernement d'Hugo Chavez, au risque d'incommoder les relations entre Lima et Caracas.

M. Rosales, dont la présence à Lima et la demande d'asile ont été confirmées mardi, a affirmé dans une longue déclaration sur une télévision privée péruvienne, adressée au Venezuela, qu'il entendait "continuer la lutte pour libérer la patrie" d'un "régime totalitaire".

"Nous sommes encore plus décidés à continuer à lutter et affronter ce régime totalitaire qui bafoue et piétine la Constitution vénézuélienne", a poursuivi M. Rosales dans son intervention de plus d'une demi-heure.

"Ce film n'est pas terminé, il manque plusieurs épisodes, et le dernier épisode heureux verra ce tyran couard payer pour toutes ses transgressions", a-t-il lancé en référence à M. Chavez.

Au même moment à Caracas, la justice a délivré un mandat d'arrêt contre cet ancien rival de M. Chavez à la présidentielle de 2006, à présent poursuivi pour corruption. Les services du procureur ont dit avoir transmis le mandat à l'organisme international de coopération policière Interpol.

Dans un communiqué, le parquet vénézuélien a justifié cette décision, expliquant que M. Rosales avait "démontré qu'il n'avait aucune intention de se soumettre à la procédure judiciaire engagée contre lui".

L'opposant est poursuivi par la justice de son pays pour enrichissement illicite pendant son mandat de gouverneur régional en 2002-2004. Il s'est réfugié avec sa famille au Pérou, après avoir dénoncé une persécution politique de la part de M. Chavez.

Fin octobre, en pleine campagne pour les élections régionales et municipales, le président vénézuélien l'avait accusé de fomenter son assassinat en liaison avec les milieux conservateurs et menacé de le faire arrêter.

Dirigeant du parti social-démocrate Un Nouveau Temps et maire de Maracaïbo, la capitale du riche Etat pétrolier de Zulia (ouest), M. Rosales est entré dans la clandestinité il y a un mois après l'ouverture de poursuites à son encontre.

Dans un réflexe immédiat, afin d'éviter tout incident diplomatique après les déclarations de l'opposant vénézuélien, le chef de la diplomatie péruvienne José Antonio Garcia Belaunde l'a rappelé à l'ordre, lui demandant de "ne pas utiliser le Pérou comme plate-forme politique" et de se conformer "aux normes d'une personne ayant demandé l'asile".

Visiblement irrité, M. Garcia Belaunde a noté que l'opposant vénézuélien avait "insulté le président de son pays", estimant que M. Rosales n'avait sans doute pas marqué des points en faveur de sa demande d'asile et rappelant que la commission qui évaluera cette requête, "devra prendre en compte tous les élements".

Les relations entre le Pérou et le Venezuela se sont normalisées après une période de fortes tensions en 2006-07, qui avait vu le rappel des ambassadeurs des deux pays.

Le président Chavez, chef de file de la gauche radicale latino-américaine, et son homologue péruvien, le social-démocrate Alan Garcia, avaient alors échangé des insultes et pris position au moment d'élections pour le camp adverse respectif dans l'autre pays.

Selon la chancellerie péruvienne, l'examen de la demande d'asile de M. Rosales devrait prendre environ deux semaines.
  

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