CRISE ÉCONOMIQUE

Les membres du FMI déterminés à assainir les banques

Le directeur du Fonds monétaire international (FMI), Dominique Strauss-Kahn, a déclaré que les États membres étaient déterminés à poursuivre les mesures de relance et à assainir les banques, à l'issu d'une réunion samedi à Washington.

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AFP - Le consensus sur les mesures de relance de l'économie affiché lors de la réunion du FMI samedi à Washington n'est pas parvenu à effacer leurs divergences sur certaines questions clés.

"Tout le monde est content de ce qui a été fait pour les plans de relance (...) tous sont d'accord avec la nécessité absolue de nettoyer le système financier", a affirmé le directeur général du Fonds monétaire international Dominique Strauss-Kahn, lors d'une conférence de presse à l'issue de la réunion des Etats membres.

Le communiqué publié par le Comité monétaire et financier international (CMFI), l'instance politique du FMI, précise que les 185 pays sont "déterminés à prendre des mesures supplémentaires pour assurer la reprise économique".

Trois semaines après le sommet du G20 à Londres, les grands argentiers ont passé en revue le catalogue de mesures dressé par leurs chefs d'Etat et de gouvernement.

"Nous nous sommes mis d'accord pour accroître les ressources disponibles pour le FMI par le biais d'un financement immédiat de ses membres se montant jusqu'à 250 milliards de dollars, en conséquence incorporée dans des Nouveaux accords d'emprunts (NAE) étendus et plus flexibles, accrus d'un montant jusqu'à 500 milliards de dollars, et d'examiner l'appel au marché pour emprunter si nécessaire", indique le communiqué du CMFI.

M. Strauss-Kahn a souligné que ce dernier point évoquait "la possibilité, jamais utilisée" par le Fonds de se financer en émettant des obligations sur les marchés financiers internationaux, une mesure souhaitée notamment par la Chine, le Brésil et la Russie qui y voient le moyen de diversifier leurs réserves internationales.

Le CMFI a aussi soutenu "le doublement de la capacité des prêts concessionnels (à taux d'intérêt minimal, ndlr) pour les pays à bas revenus", tout en soulignant qu'il veillerait à ce que cela n'alourdisse pas leur dette.

Lors d'une réunion la veille à Washington, les ministres du G7 (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Italie, Japon) avaient affirmé que des signes de stabilisation apparaissent dans l'économie mondiale qui pourrait repartir d'ici la fin de l'année.

Mais ce consensus masque des divergences entre les pays du G20, qui regroupe le G7 et les principaux pays émergents, notamment sur la question du financement du FMI et le fait que ses instances de décision soient dominées par les Occidentaux.

Le G20 s'était engagé à Londres à apporter plus de mille milliards de dollars supplémentaires aux organisations financières multilatérales, la majeure partie allant au Fonds.

Le secrétaire au Trésor américain Timothy Geithner a appelé samedi lors de son intervention devant le CMFI les grands pays émergents à contribuer "à un niveau répondant à la force de leur position (financière) extérieure", un appel voilé à la Chine, qui a les plus grandes réserves de change du monde.

Mais ceux-ci ne l'entendent pas de cette oreille et veulent que toute contribution se traduise par une meilleure représentation au sein des instances dirigeantes.

"Le FMI s'est repenti de nombre de ses péchés originels. Mais il doit toujours répondre au premier d'entre eux qui est son déficit démocratique", a souligné samedi le ministre brésilien des Finances Guido Mantega.

Tout en se félicitant des réformes entreprises, il a souligné que "nous nous attendons cependant à ce que la volonté politique avance plus rapidement dans la direction d'une plus grande représentation des pays en développement au sein de cette institution".

Il a même appelé à la réintégration de Cuba, qui avait quitté le FMI en 1964.

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