Accéder au contenu principal

Bernard Kouchner attendu à Colombo mercredi

Le ministre français des Affaires étrangères et son homologue britannique sont attendus au Sri Lanka, où des milliers de civils souffrent de l'offensive contre les rebelles tamouls. Ils vont tenter d'obtenir un "cessez-le-feu humanitaire".

Publicité

AFP - Les ministres des Affaires étrangères britannique David Miliband et français Bernard Kouchner sont attendus mercredi au Sri Lanka pour tenter d'obtenir un "cessez-le-feu humanitaire", malgré le camouflet infligé à leur homologue suédois Carl Bildt, interdit d'entrer dans le pays.

Londres a fait savoir mardi que MM. Miliband et Kouchner maintenaient leur visite, de fait le plus important déplacement international dans ce pays depuis le début en janvier de l'offensive de l'armée contre les rebelles.

Carl Bildt, qui devait faire partie de la délégation européenne, a dit avoir essuyé un refus de visa "sans aucune explication" de Colombo. Stockholm a protesté en rappelant "pour consultations" son chargé d'affaires au Sri Lanka.

A Colombo, un haut responsable de la diplomatie sri-lankaise a expliqué à l'AFP qu'un accord avait été donné successivement pour MM. Kouchner et Miliband, mais M. Bildt "a aussi voulu sauter dans le train", et "là, nous avons dit +non+".

Le déplacement de MM. Kouchner et Miliband survient alors que le gouvernement de Colombo refuse aux Nations Unies d'entrer dans la zone de guerre au nord-est de l'île, où sont bloqués au moins 50.000 civils.

Les chefs de la diplomatie britannique et française vont "réitérer les appels de la communauté internationale au cessez-le-feu, au respect du droit international humanitaire et à la protection des civils", a indiqué le ministère français des Affaires étrangères.

Les Européens considèrent, à l'intar des Etats-Unis, les Tigres de libération de l'Eelam tamoul (LTTE) comme une organisation terroriste, une attitude conforme aux souhaits de Colombo.

Mais l'ampleur des combats et leurs conséquences sur les populations civiles prises en étau ont amené de nombreux pays à s'alarmer face à un désastre humanitaire qui pourrait ruiner toute perspective de paix durable.

M. Miliband a ainsi estimé lundi que "le nombre des victimes civiles préoccupe gravement la communauté internationale, et nuit à toute forme de règlement à long terme".

La diaspora tamoule, estimée entre 1,3 et 1,8 million de personnes, a multiplié ces dernières semaines les manifestations à travers le monde. La Grande-Bretagne, ancienne puissance coloniale au Sri Lanka, abrite une communauté tamoule estimée entre 250.000 et 300.000 personnes, contre 75.000 à 100.000 en France.

Paris et Londres ont annoncé ces derniers jours une augmentation de leur aide humanitaire au Sri Lanka.

M. Kouchner prévoit notamment de se rendre à Vavunya (nord) pour visiter un hôpital de campagne déployé par la France.

Les ministres européens devraient apporter leur soutien au Britannique John Holmes, responsable des Affaires humanitaires de l'ONU, qui se trouve déjà sur place.

M. Holmes a salué lundi le ralentissement annoncé par Colombo de son offensive militaire, tout en déplorant le refus des autorités sri lankaises d'accorder aux Nations Unies le droit d'entrer dans la zone de guerre.

Washington s'est également déclaré lundi "très préoccupé" par la situation des populations civiles, et les ministres des Affaires étrangères de l'UE, réunis à Luxembourg, ont appelé à un "cessez-le-feu humanitaire".

Selon l'ONU, plus de 6.500 civils ont probablement été tués et 14.000 blessés depuis que l'armée a lancé en janvier son offensive "finale. L'ONU pense que plus de 100.000 personnes ont fui la zone de guerre depuis le début, le 20 avril, d'un exode massif de Tamouls.

D'après Colombo, il reste 15.000 à 20.000 civils servant de "boucliers humains" aux Tigres et l'armée affirme en avoir "sauvé" 113.000 en une semaine.

Le résumé de la semaineFrance 24 vous propose de revenir sur les actualités qui ont marqué la semaine

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.