SRI LANKA

Colombo refuse un visa au chef de la diplomatie suédoise

Après avoir autorisé la visite, prévue mercredi, des ministres français et britannique des Affaires étrangères, les autorités sri-lankaises ont refusé celle du chef de la diplomatie suédoise, Carl Bildt (photo). Sans donner d'explcations.

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AFP - Le Sri Lanka a refusé l'entrée dans le pays du ministre suédois des Affaires étrangères, Carl Bildt, pour une visite mercredi avec ses homologues français et britannique, qui eux se rendront bien dans l'île, a indiqué mardi un responsable de la diplomatie sri-lankaise.

"Nous avions d'abord invité le ministre français des Affaires étrangères (Bernard Kouchner). Alors, le ministre britannique des Affaires étrangères (David Miliband) a voulu se joindre à lui: nous avons dit +d'accord+. Puis le ministre suédois a aussi voulu sauter dans le train: là, nous avons dit +non+", a déclaré à l'AFP ce diplomate du ministère des Affaires étrangères.

Le chef de la diplomatie suédoise, qui devait plaider mercredi avec MM. Kouchner et Miliband pour "un cessez-le-feu humanitaire" au Sri Lanka, avait annoncé plus tôt avoir essuyé un refus de visa "sans aucune explication".

Stockholm a rappelé "pour consultations" son chargé d'affaires sur place.

La présidence tchèque de l'UE a qualifié cette décision du Sri Lanka de "grave erreur" et de "lamentable", qui aura des "répercussions" sur ses relations avec l'Europe.

Mais le ministère sri-lankais des Affaires étrangères a assuré que M. Bildt n'avait pas formellement déposé de demande de visa et qu'"il n'y avait pas eu de consultations formelles préalables concernant (sa) venue", contrairement aux cas de MM. Kouchner et Miliband.

Colombo a trouvé "extrêmement regrettable d'être accusé à tort d'empêcher cette visite" en ajoutant qu'une autre était programmée "début mai".

La Suède fut un temps membre de la Mission scandinave de surveillance d'un cessez-le-feu scellé en février 2002 --sous l'égide de la Norvège-- entre les rebelles tamouls et le Sri Lanka et que Colombo a rompu en janvier 2008.

A cette date, les ministres des Affaires étrangères de cinq pays nordiques, dont M. Bildt, s'étaient dits préoccupés par la rupture de la trêve, ce qui avait profondément agacé le Sri Lanka.

Le responsable sri-lankais a été plus loin.

"Nos ministres ne peuvent pas se rendre dans des capitales (étrangères) comme ça et n'ont même pas l'occasion de voir un sous-ministre. Mais certains de ces (ministres étrangers) pensent qu'ils peuvent atterrir dans notre aéroport et se voir dérouler le tapis rouge", a-t-il lancé.

"Nous ne sommes pas une colonie, ni un pays du Tiers Monde en banqueroute", a fustigé ce diplomate d'un pays qui fut colonie britannique de 1815 au 4 février 1948.

Et puis "nos principaux donateurs sont en Asie, pas en Europe!", a-t-il rappelé, alors que le Japon est le premier bailleur de fonds, loin devant les Etats-Unis, l'UE et la Norvège. Pékin prête aussi beaucoup d'argent à Colombo.
 

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