SOMMET FRANCE-ESPAGNE

Paris et Madrid vont créer un état-major commun sur la sécurité

Le président français Nicolas Sarkozy et le président du gouvernement espagnol José Luis Zapatero ont décidé de renforcer la collaboration de leurs deux pays en matière de lutte contre l'ETA en l'étendant à toutes les formes de terrorisme.

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AFP - La France et l'Espagne vont créer un "état-major sur la sécurité" étendant leur fructueuse collaboration contre l'ETA à la lutte contre le trafic de drogue, a annoncé mardi à Madrid le président français Nicolas Sarkozy.

"Le sommet franco-espagnol que nous allons tenir sera essentiellement consacré à ce sujet", a déclaré le chef de l'Etat français lors d'un discours prononcé au Parlement espagnol.

"Nous allons créer avec le gouvernement espagnol un véritable état-major commun sur la sécurité, pour combattre tous les terrorismes, pour engager un lutte sans merci contre les trafiquants de drogue qui gangrènent nos sociétés".

Au terme du 21e sommet franco-espagnol qui devait se tenir à la mi-journée au siège du gouvernement espagnol, les deux pays devaient mettre en place un "Comité de planification et de coordination stratégique sur la sécurité intérieure".

Ce comité piloté par les directions des polices des deux pays vise à étendre la coopération sans accroc dans la lutte contre le terrorisme à l'ensemble des thèmes de la sécurité intérieure, selon une source proche du gouvernement espagnol.

Mises en place depuis 2004, les équipe communes d'investigation franco-espagnoles pour lutter contre l'ETA ont connu d'indéniables succès qui ont largement contribué à affaiblir l'organisation séparatiste armée basque, tenue pour responsable de la mort de 825 personnes en près de 41 ans de violences pour l'indépendance du Pays Basque.

Cette coopération anti-ETA, réaffirmée avec force par le président français tout au long de sa visite de deux jours à Madrid, a permis de taire les anciennes récriminations espagnoles envers Paris, la France ayant longtemps servi de sanctuaire et de base arrière du groupe clandestin.

"Le succès de la collaboration contre la violence de l'ETA a servi de base pour élaborer la déclaration sur la sécurité intérieure", relève mardi le quotidien El Pais dans un éditorial.

Les Français étaient particulièrement intéressés par l'extension de cette coopération à la lutte contre le narco-trafic, alors que l'Espagne est la principale porte d'entrée européenne pour le haschisch maghrébin et la cocaïne sud-américaine.

Face aux énormes quantités de stupéfiants transitant par l'Espagne, l'idée est de casser les "autoroutes de la drogue" que ce soit par mer ou par voie terrestre.

Des "équipes communes antidrogue" seront créées pour lutter contre toutes les facettes de ces trafics, y compris le blanchiment de l'argent.

Cette collaboration sécuritaire tous azimuts visera également la lutte contre l'immigration clandestine avec des "opérations communes" pour démanteler les réseaux illégaux, arrêter des clandestins et des vols communs pour les renvoyer dans leurs pays d'origine.

La visite d'Etat de M. Sarkozy a été parallèlement l'occasion de mettre en scène l'harmonie entre Paris et Madrid, tant sur des sujets diplomatiques (avenir de l'Union européenne, projet d'Union pour la Méditerranée notamment) que les réponses à apporter à la crise économique mondiale.

"Sur tous les dossiers, France et Espagne parlent aujourd'hui d'une même voix", s'est félicité lundi soir le chef de l'Etat français.

Le gouvernement français appuie la demande espagnole de bénéficier d'un siège permanent dans le G20 et affirme qu'il sera l'allié fidèle du pays voisin lors de la présidence espagnole de l'Union européenne au premier semestre 2010.

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