GRIPPE PORCINE

Carnet de route - Mexico vit au ralenti

Alors que le nombre de victimes de la grippe porcine augmente au Mexique, les mesures de protection sont renforcées dans le pays. Le gouvernement a ordonné la fermeture des quelque 25 000 restaurants de la capitale, Mexico.

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, envoyé spécial de FRANCE 24 à Mexico

La crise de la grippe porcine s'est encore amplifiée, mardi. Le gouvernement a annoncé la fermeture obligatoire des quelque 25 000 restaurants de Mexico, la capitale mexicaine. Lot de consolation : la plupart conserve, tout de même, la possibilité de vendre de la nourriture à emporter.

Le port du masque sanitaire est fortement recommandé, mais il n'est pas obligatoire, sauf pour les chauffeurs de taxi, à partir de ce mercredi. Ces derniers vont également devoir porter des gants en latex. Ceux qui ne se plieront pas à la mesure seront immédiatement arrêtés et verront leur véhicule envoyé à la fourrière.

 

Juan Antonio est chauffeur de taxi. Sa clientèle a déjà diminué de moitié, ces trois derniers jours, et il redoute que la situation n'empire encore. "Je comprends qu'il faille prendre des mesures sanitaires importantes mais, avec ce masque et ces gants, je vais avoir l'air d'un brigand ! Je crains d'effrayer ma clientèle", explique-t-il.


Au fil des jours, les lieux publics sont de plus en plus déserts. Le centre commercial Reforma 222 atteste de l'ampleur grandissante de la crise. Même en pleine journée, il est quasiment vide.

 

 

Les quelques personnes qui s'y aventurent sont des jeunes, pour la plupart, souvent directement affectés par les mesures prises par le gouvernement. Cesar et Ruben sont lycéens.

Leur établissement scolaire, comme tous ceux du pays, est fermé jusqu'au 6 mai, au moins. Cela ne les empêche pas de rester sereins. "On ne porte pas de masque parce qu'on ne se sent pas malade. Et puis, on le trouve laid... On n'est pas beau avec !", lance Cesar.

 

 

 

 

 

 

 




Judith et Oscar travaillent comme serveurs dans un restaurant. Leur amie Itayetzy est étudiante. Ils sont tous trois affectés par la crise de façon différente. "Judith et moi, raconte Oscar, nous craignons pour notre avenir immédiat. Le restaurant où nous travaillons est fermé jusqu'à nouvel ordre. Qui va payer notre loyer, nos factures, notre nourriture ?"

 

"Pour nous, étudiants, c'est un peu comme des vacances", lance en revanche Itayetzy, mais la situation m'inquiète. Oui, j'ai peur. C'est pour cela que je n'enlève quasiment jamais mon masque."


Eduardo est lycéen. Ses amies suédoises Maria et Tove sont en vacances à Mexico. Ils disent ne pas se sentir en danger. Ils reconnaissent cependant que la crise les affecte. "Je suis sceptique. J'ai l'impression que les médias grossissent la crise. Mais mon quotidien a changé. Tout est fermé : il n'y a quasiment plus rien à faire dans cette ville," confie Eduardo.

 

"Nous sommes censées rentrer en Suède demain, mais je ne sais pas si nous allons pouvoir quitter le Mexique. J'espère qu'on ne va pas nous mettre en quarantaine !", s'inquiète Tove.

 

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Lundi 27 avril

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