GRIPPE PORCINE

Nouvelles restrictions au Mexique, le bilan s'alourdit

Le bilan des décès suspectés d'avoir été provoqués par la grippe porcine s'élève désormais à 159, tandis que le virus continue sa progression dans le monde. À Mexico, les restaurants ou encore les sites archéologiques sont fermés.

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La grippe porcine a continué à progresser mardi avec trois nouveaux pays touchés - Israël, la Nouvelle-Zélande et le Costa Rica - et des dizaines de cas confirmés dans le monde, ce qui a conduit l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) à maintenir un niveau d'alerte élevé.

Au Mexique, foyer de l'épidémie et seul pays où des cas mortels ont été recensés, la grippe porcine avait déjà fait 7 morts avérés (chiffre ramené de 20 à 7 mardi), mais le bilan pourrait s'élever à 159.

L'OMS a présenté mardi après-midi un bilan bien moins alarmiste, faisant état de 79 cas confirmés de grippe porcine dans le monde au total, sans préciser le nombre de morts.

Selon l'OMS, avec 40 cas de grippe porcine confirmés, les Etats Unis ont le plus lourd bilan, devant le Mexique (26 cas), le Canada (13), la Nouvelle-Zélande (3), le Royaume Uni (2) et l'Espagne (2).

 



Pour la première fois au Proche Orient, deux cas humains non mortels ont également été diagnostiqués en Israël. Le Costa Rica, avec un cas avéré, a été le premier pays d'Amérique centrale touché mardi, comme la Nouvelle-Zélande, dans la zone Pacifique.

Les autorités sanitaires américaines annonçaient de leur côté 65 cas de grippe porcine, précisant que la situation évoluait rapidement.

Six Etats américains sont concernés, dont la Californie. L'état d'urgence y a été décrété après deux morts suspectes, dont l'une s'est finalement révélée sans lien avec le virus. Le directeur des Centres de maladie et de prévention américains (CDC), Richard Besser, a averti que la grippe porcine risquait de provoquer des morts aux Etats-Unis.

Signe de l'inquiétude américaine, le président Barack Obama a exhorté le Congrès à débloquer 1,5 milliard de dollars pour renforcer les capacités de réaction des Etats-Unis face à une potentielle aggravation de l'épidémie.

Alors que de nombreux pays ont pris des mesures de prévention, l'OMS est restée mardi "en phase d'alerte 4", selon son numéro deux, le Dr Keiji Fukuda, pour qui "la possibilité" de pandémie "est prise très au sérieux".

 



L'OMS pourrait par exemple "passer à la phase 5" en cas de confirmation de cas avérés endogènes aux Etats-Unis, a précisé un de ses porte-paroles, Gregory Hartl. Un passage à la phase 5, avant-dernier niveau avant la déclaration de la pandémie, signifie que celle-ci est non seulement imminente mais surtout inévitable.

Nombre des malades avérés sont des voyageurs de retour du Mexique. A l'exception d'un patient américain, dans l'Indiana.

L'organisation ne recommande pas jusqu'à présent de restreindre les déplacements, tout comme la Commission européenne, à l'inverse de la France, la Grande-Bretagne, les Pays-Bas, l'Italie ou le Canada qui ont déconseillé les voyages aux Mexique.

Plusieurs voyagistes britanniques, les tours-opérateurs français et le canadien Air Transat, l'un des premiers voyagistes du monde, ont annulé ou suspendu leurs départs pour le Mexique. Cuba les a également suspendus pour 48 heures.

Le Mexique a quant à lui continué à resserrer son dispositif de prévention. La fermeture des établissements scolaires a été étendue à l'ensemble du pays. A Mexico, où les musées, théâtres, cinémas, zoos et parcs d'attractions étaient fermés depuis le week-end, la mairie a décrété également la fermeture des bars, cafés, restaurants et dancings, ainsi que celle des sites archéologiques.

Les députés mexicains ont siégé mardi à huis clos, portant pour la plupart le petit masque chirurgical devenu le symbole de la grippe porcine. Une élue l'a même conservé pour son allocution au micro.

Le virus, qui touche essentiellement "des jeunes adultes en bonne santé", selon les autorités mondiales de la santé, se transmet par voie respiratoire, d'homme à homme, mais pas en mangeant de la viande de porc.

Les symptômes (fièvre, maux de tête, courbatures) sont similaires à ceux de la grippe saisonnière qui tue chaque année dans le monde entre 250.000 et 500.000 personnes.

Signe de l'inquiétude des autorités sanitaires, des cas suspects ont été placés en observation partout à travers le monde.

La crainte de propagation du virus a conduit de nombreux pays à mettre en place des contrôles sanitaires aux aéroports et aux frontières, jugés toutefois inefficaces par l'OMS.

Plusieurs pays ont suspendu toutes ou partie de leurs importations de porc, comme la Chine, la Russie, l'Ukraine, la plupart des pays des Balkans, la Thaïlande, l'Indonésie, l'Equateur et le Liban, visant pour la plupart la viande en provenance du Mexique ou des Etats-Unis.

Les craintes de pandémie ont continué à peser mardi sur les Bourses européennes et le marché pétrolier, comme elles l'avaient fait déjà lundi.
 

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