DIPLOMATIE

L'Otan expulse deux diplomates russes pour espionnage

Comme au plus fort de la guerre froide, l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (Otan) a ordonné l'expulsion de deux diplomates russes, soupçonnés d'être des espions à la solde de Moscou. La Russie dénonce une "provocation grossière".

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REUTERS - L'Otan a expulsé deux diplomates russes après la condamnation en février d'un ancien haut fonctionnaire du ministère estonien de la Défense pour espionnage au profit de Moscou, a-t-on appris de source diplomatique auprès de l'Alliance atlantique.

"Deux diplomates russes ont été avisés qu'ils n'étaient plus les bienvenus ici", a dit un diplomate qui a requis l'anonymat.

Il a précisé que la mesure était liée à la condamnation à douze ans et demi de prison pour espionnage et haute trahison, le 25 février à Tallinn, de Herman Simm.

Le ministère russe des Affaires étrangères a protesté en qualifiant l'expulsion de ses ressortissants de "grossière provocation".

Simm, 61 ans, arrêté en septembre dernier, avait eu accès entre 1995 et 2006 à des documents ultraconfidentiels, concernant notamment l'Alliance atlantique.

Les autorités estoniennes n'ont jamais précisé pour quelle puissance étrangère il travaillait mais la presse locale a montré du doigt la Russie voisine.

L'Estonie, ancienne république soviétique, a rejoint l'Otan en 2004.

L'expulsion des deux diplomates russes est intervenue mercredi, au moment où l'Otan renouait des contacts officiels avec la Russie, pour la première fois depuis le bref conflit russo-géorgien d'août dernier.

Selon le Financial Times, l'un des diplomates expulsés est le fils de Vladimir Chijov, ambassadeur de Russie auprès de l'Union européenne.

Selon des sources proches de l'Otan citées par le journal, les deux hommes utilisaient leur poste à la mission russe à l'Otan comme couverture pour leurs activités d'espionnage.

L'Otan a refusé de commenter ces informations.

Le Financial Times précise que les deux diplomates expulsés ne sont pas directement impliqués dans l'affaire estonienne, mais que celle-ci a fait de tels dégâts pour la sécurité de l'Otan que cette dernière se devait d'accomplir un geste fort.
 

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