GRIPPE A (H1N1)

Le gouvernement français a relevé son niveau d'alerte

Alors que le risque d'une pandémie de grippe A (H1N1) est "imminent" pour l'OMS, les autorités françaises ont, "par précaution", relevé le niveau d'alerte face à la maladie dans le pays. Cinq cas probables y ont été identifiés.

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AFP - Le gouvernement français a relevé jeudi "par précaution" le niveau d'alerte face à la menace d'une pandémie de grippe porcine qualifiée d'"imminente" par l'OMS, alors que cinq cas probables ont été identifiés dans le pays, mais aucun confirmé jusqu'à présent.

"Bien qu'il n'y ait pas d'épidémie en France, nous avons décidé par précaution de passer en phase 5 de préparation, de mobilisation des services de l'Etat", a déclaré le Premier ministre François Fillon, à l'issue d'une réunion à Matignon de ministres et experts.

Les autorités suivent ainsi les recommandations de l'OMS, qui a relevé mercredi soir son niveau d'alerte à 5 sur une échelle de 6. La décision correspond à un passage au niveau français 5A, le 5B équivalent à un foyer épidémique en France.

"Toutes les mesures sont prises, on se réunit tous les jours. Il faut être très très vigilant, prévoir, s'organiser", avait souligné plus tôt dans la journée le président Nicolas Sarkozy, qui avait déjà convoqué mercredi à l'Elysée une première réunion sur l'épidémie.

M. Fillon a précisé que le gouvernement prévoyait "le prépositionnement sur l'ensemble du territoire national des stocks de masques, et d'antiviraux au cas où ils seraient nécessaires".

"Tous les passagers des vols en provenance du Mexique (où l'épidémie est apparue) vont bénéficier d'un suivi," a-t-il également indiqué.

"Nous avons grâce à notre système de santé, grâce à la préparation qui a été faite ces dernières années, tous les moyens pour faire face à la menace, a rassuré le Premier ministre.

Le niveau 5 donne théoriquement la possibilité d'envisager des quarantaines pour les cas suspects, restrictions de circulation, fermetures d'écoles et de lieux publics, interruption des transports en commun, réduction de l'activité économique.

Cinq cas étaient qualifiés de "probables" parmi 41 en cours d'investigation jeudi en France, mais aucun n'a été à ce stade confirmé, selon Françoise Weber, directrice de l'Institut de veille sanitaire (InVS).

Les tests ont montré pour un des cinq probables qu'il souffrait de grippe de type A comme le H1N1, et qu'il ne s'agissait pas du virus de la grippe saisonnière, renforçant la probabilité qu'il s'agisse de la grippe porcine.

Deux autres cas sont moins avancés dans les tests et deux ont une probabilité renforcée, dont l'une par des contacts avec une personne atteinte au Mexique.

Par ailleurs, les résultats des tests sur la fillette de 9 ans de retour d'un voyage au Mexique, hospitalisée mercredi à Paris après un malaise à son école, étaient attendus sous 48 heures. L'enfant a développé "des syndromes grippaux".

"Par précaution, dans l’attente des résultats des analyses, les parents des élèves scolarisés dans la même classe ont été invités à garder leurs enfants chez eux", a indiqué le maire de Paris.

De son côté le Service de santé des armées a annoncé jeudi que la pharmacie centrale des armées se tenait prête à produire un antiviral, composé du principe actif du Tamiflu, antiviral reconnu efficace contre le nouveau virus.

Et Roche France, qui distribue en France le Tamiflu, a annoncé la suspension de ses livraisons aux pharmaciens et grossistes. "Nous ne sommes pas en rupture de stock. Il est de notre responsabilité de réserver prioritairement nos stocks de Tamiflu aux hôpitaux et aux autorités de santé", a affirmé le laboratoire.

Le Directeur général de la Santé Didier Houssin a souligné que la France disposait d'un stock suffisamment important pour répondre aux besoins des malades en cas d'épidémie.

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