GRIPPE A (H1N1)

L'épidémie s'étend, l'UE maintient ses vols vers le Mexique

L'épidémie de grippe porcine, que l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a officiellement renommé "grippe A (H1N1)", a continué de s'étendre, jeudi. Par ailleurs, l'Union européenne a écarté l'idée de suspendre ses vols vers le Mexique.

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AFP - La grippe porcine, qui pourrait avoir provoqué la mort d'une centaine de personnes au Mexique et aux Etats-Unis, a continué de s'étendre jeudi sur le continent américain et en Europe, mais cette dernière a écarté l'idée d'une suspension des vols aériens vers le Mexique.

L'épidémie de grippe porcine, que l'OMS a officiellement dénommé "grippe A (H1N1)", a atteint les Pays-Bas où un enfant de 3 ans revenu récemment du Mexique a contracté le virus A/H1N1. Le nombre total des pays où le virus a été décelé est de douze, dont six européens et quatre américains.

Au Mexique, foyer de la maladie, le ministre de la Santé a annoncé jeudi soir que 40 nouveaux cas de grippe porcine ont été confirmés, portant le nombre des patients contaminés à 312, mais il s'agit de malades qui "vont bien". Le bilan officiel des morts du virus a grimpé jeudi à 12 et le nombre des décès "probables" reste fixé à 84.

Les Mexicains s'apprêtent à passer le long week-end de la fête du Travail du 1er mai cloîtrés chez eux, les défilés syndicaux ont été suspendus.

Le nombre de cas avérés a augmenté aux Etats-Unis (118 dans 15 Etats jeudi), où aucun nouveau décès n'a été enregistré depuis celui d'un bébé mexicain, mais aussi en Grande-Bretagne (8), en Espagne (13).

Après le Mexique et les Etats-Unis, le 3e pays le plus touché est le Canada avec 34 cas avérés.

Neuf autres pays ont confirmé des cas : Grande-Bretagne, Espagne, Pays-Bas, Suisse, Autriche, Allemagne, Israël, Costa Rica, Nouvelle-Zélande.

Au Pérou, un premier cas de grippe porcine avéré, annoncé mercredi, a été infirmé jeudi après d'ultimes résultats d'analyses sur la patiente, une Argentine de 27 ans qui avait séjourné au Mexique.

La secrétaire américaine à la Santé Kathleen Sebelius a annoncé que les Etats-Unis allaient acheter 13 millions de traitements antiviraux pour reconstituer leur stocks stratégiques et distribuer 400.000 de ces médicaments au Mexique.

Les Etats-Unis ont recommandé aux malades de la grippe porcine de rester chez eux pendant au moins sept jours sans pour autant prévoir de quarantaine à grande échelle. Quelque 300 écoles ont fermé jeudi leurs portes.

Le virus pourrait avoir atteint le coeur de la capitale : la Maison Blanche a annoncé la probable contamination d'un membre de la délégation qui a accompagné Barack Obama au Mexique et a participé à un dîner avec le président américain à Mexico le 16 avril.

La Banque mondiale, dont le siège est à Washington, a aussi annoncé un cas parmi ses employés, indiquant qu'il était rétabli.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS), après avoir relevé à cinq sur une échelle de six son niveau d'alerte, signifiant qu'"une pandémie est imminente", a précisé jeudi qu'elle ne disposait "pas d'élément qui laisserait penser qu'il faut passer au niveau six".

Selon le numéro deux de l'OMS, le Dr Keiji Fukuda, l'hémisphère sud est toutefois davantage exposé à l'épidémie à l'approche de l'hiver, propice à la propagation de la grippe.

Réunis à Luxembourg, les ministres de la Santé de l'Union européenne ont écarté pour le moment l'idée française de suspendre les vols aller vers le Mexique.

La commissaire européenne à la Santé Androulla Vassiliou a demandé aux Européens de ne "pas paniquer".

La France a décidé le passage au niveau 5 de son plan d'action d'urgence "par précaution".

De nombreux pays -- France, Afrique du Sud, Colombie, Australie, Irlande, Brésil notamment -- vérifient des dizaines de cas suspects, généralement des voyageurs de retour du Mexique ou des Etats-Unis.

L'ONU a demandé dans une note interne à ses fonctionnaires de "différer, si possible, les voyages non indispensables vers des pays à risque".

L'OMS ne recommande pas de restreindre les déplacements, mais Paris, Londres, La Haye, Rome et Ottawa déconseillent le Mexique.

A l'aéroport de Mexico, où une cinquantaine de vols ont été annulés, dont 20 internationaux, les touristes étrangers ont poursuivi leur exode.

L'Argentine, Cuba et le Pérou ainsi que des voyagistes britanniques, français, canadiens et portugais ont suspendu les liaisons. La Russie a demandé jeudi à ses ressortissants de ne pas se rendre sur le continent américain.

Des charters ont été supprimés à destination de la station balnéaire de Cancun, où la fréquentation a chuté de 20%. Des croisières ont annulé leurs escales mexicaines.

Le virus, qui touche essentiellement de "jeunes adultes en bonne santé", selon les autorités mondiales, se transmet par voie respiratoire, d'homme à homme. Les symptômes (fièvre, maux de tête, courbatures) sont similaires à ceux de la grippe saisonnière qui tue chaque année dans le monde entre 250.000 et 500.000 personnes.

La crainte de propagation du virus a conduit de nombreux pays à mettre en place des contrôles aux aéroports et aux frontières.

Le Japon, où un cas suspect a été détecté, a annoncé qu'il allait contrôler un par un les cochons vivants importés sur son territoire.

Mexico va demander des "explications" devant l'Organisation mondiale du commerce (OMC) aux pays qui ont stoppé ou restreint leurs importations de produits mexicains, comme les produits dérivés du porc.

Une quinzaine de pays, dont la Chine et la Russie, ont pris de telles mesures, tandis que l'Egypte a décidé d'abattre tout son cheptel porcin.

L'Organisation mondiale de la santé animale (OIE) s'est élevée contre ces abattages, rappelant que le virus "est transmis par l'homme", à l'instar de l'Organisation pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), qui a toutefois recommandé un "renforcement de la surveillance sanitaire des porcs".

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