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GRIPPE A (H1N1)

La grippe change encore de nom

Texte par : Marie Sophie JOUBERT
3 min

"Porcine", "mexicaine" ou "nord-américaine" : la grippe apparue au Mexique il y a quelques semaines n’en finit plus de changer de nom. Mercredi, l'Organisation mondiale de la santé a mis un terme aux débats, en la baptisant "grippe A (H1N1)".

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L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a tranché. Alors qu'elle l'appelait  "grippe porcine" la maladie qui s'est déclenchée au Mexique, elle a finalement décidé, mercredi, de la renommer officiellement "grippe A (H1N1)", pour mettre fin à un vif débat linguistique.

 

Pour justifier leur décision, l'OMS, l'Organisation de l'ONU pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et l'Organisation mondiale de la santé animale (OIE) ont souligné que "les virus grippaux ne sont pas connus pour se transmettre à l'homme par l'ingestion de viande de porc transformée ou par d'autres produits alimentaires élaborés à partir de viande de porc".

 

Avant de trouver un consensus sur la dénomination de "grippe A (H1N1)" toutefois, l'épidémie apparue au Mexique n'a pas cessé de changer d'appellation. "Porcine", "mexicaine", "nouvelle", "nord-américaine", "H1N1", "A" : en quelques jours seulement, elle a porté au moins cinq noms différents...

 

La maladie - d’un nouveau genre - a, dans un premier temps, été qualifiée par l’OMS de grippe "porcine", le porc ayant servi d’incubateur pour permettre au virus H1N1 de muter avant d'être transmis à l'homme. L’adjectif semblait assez évident, après la grippe "aviaire". Il n'a pourtant pas tardé à faire grogner - à raison - les éleveurs de porcs, inquiets pour la santé économique de leur filière.

 

Bien que la grippe soit inoffensive pour les cochons, la Chine, l'Ukraine et la Croatie ont, en effet, décidé d'interrompre leurs importations de porc en provenance du Mexique, des États-Unis et même du Canada. En Égypte, les autorités ont carrément pris la décision d’abattre tous le cheptel du pays.

 

Préserver les sensibilités

 

Israël, le Brésil et la France, où les lobbies agricoles ont encore leur mot à dire, ont donc proposé de la rebaptiser grippe "mexicaine", en référence au pays où elle a vu le jour. Un adjectif somme toute logique, après la grippe russe (1889-1890), la grippe espagnole (1918-1920), la grippe asiatique (1957-1958), et la grippe de Hong Kong (1968-1969).

 

Mais, là encore, la colère est montée, le terme n’était pas du goût des diplomates mexicains. Dans la foulée, le Canada a donc proposé d'appeler la maladie grippe "nord-américaine", tandis que la Commission européenne, plus consensuelle, proposait "nouveau virus de la grippe"... sans savoir jusqu’à quand il resterait la dernière version d’un virus vieux comme le monde.

 

Sourde aux bisbilles des linguistes, l'OMS, qui s’inquiète surtout d'une pandémie "imminente", a longtemps répété vouloir maintenir l'appellation "grippe porcine". "Cette épidémie a commencé avec ce nom et le virus identifié est celui de la grippe porcine", justifiait il y a quelques jours encore le directeur adjoint de l'OMS, Keiji Fukuda, avant de revenir sur ses déclarations, face à l’inquiétude des éleveurs.

 

Reste que le nouveau nom "grippe A (H1N1)" utilisé depuis quelques heures seulement est déjà déformé par de nombreux médias qui se contentent de l’appeler "grippe A". D’autres optent pour "grippe H1N1". Une ineptie puisqu’il s’agit du nom générique de la grippe commune...

 

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