FRANCE

Transfert de détenus historique par son ampleur à Lyon

Plus de 400 détenus ont été transférés des deux prisons vétuste du centre de Lyon au nouvel établissement pénitentiaire de Corbas. Il s'agit du transfert le plus important en son genre jamais réalisé en France.

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AFP - Plus de 400 détenus ont été transférés dimanche sous haute protection, et sans incident, des deux prisons vétustes du centre de Lyon vers la nouvelle maison d'arrêt de Corbas (Rhône), la plus importante opération de ce type jamais réalisée en France.

A la fin de l'opération, la ministre de la Justice Rachida Dati a félicité dans un communiqué "l'ensemble des personnels de l'administration pénitentiaire de Lyon" ainsi que "les forces de police et de gendarmerie", soulignant les "conditions exemplaires" dans lequelle elle s'était déroulée.

Dès 04H30, les détenus ont graduellement quitté "les établissements de Saint-Paul et Saint-Joseph dans des fourgons par groupes de seize", a indiqué Denis Perrin, directeur général de l'administration pénitentiaire (AP) Rhône-Alpes-Auvergne.

"Ceux qui, en raison de leur dangerosité ou de leur fragilité, nécessitaient davantage d'attention, étaient transportés par huit", a précisé le responsable.

Le transfèrement a commencé au petit matin, les détenus sortant à pied pour prendre immédiatement place dans les fourgons, encadrés de spécialistes encagoulés des Equipes régionales d'intervention et de sécurité (ERIS).

Les pâtés de maisons jouxtant les deux prisons avaient été discrètement bouclés.

Les détenus, déjà informés de leurs futures conditions de détention notamment grâce à des vidéos, ont été avertis de leur départ un peu avant, le temps de faire leur sac, et leurs familles ont été prévenues en même temps", a expliqué l'AP.

"Même nous, nous avons été prévenus en pleine nuit, juste avant" le déclenchement de l'opération, a confié un CRS souhaitant garder l'anoynmat.

Au total, près de 300 agents de l'AP, dont 90 ERIS ont été mobilisés, ainsi que plusieurs centaines de policiers, CRS, gendarmes et pompiers.

Les transfèrements des détenus, toutes les 20 à 30 minutes se sont succédé jusqu'en milieu d'après-midi, s'opérant "sur des parcours sécurisés jusqu'à Corbas, dans la banlieue sud-est de Lyon, escortés par des motards et sous la surveillance d'un hélicoptère", a détaillé M. Perrin.

Sur le chemin, les détenus passaient par le greffe du tribunal où leur était signifiée, conformément à la loi, leur levée d'écrou des anciennes prisons, et leur remise sous écrou dans la nouvelle.

"A Corbas, les détenus ont des cellules individuelles de 10 m2, sauf ceux qui demandent à être à deux par cellule, ou dont la fragilité nécessite de ne pas rester seuls", a encore dit M. Perrin.

Pour Vincent Feroldi, aumônier des prisons de Lyon, les détenus lui ont néanmoins fait part de leur "angoisse de savoir avec qui ils allaient se retrouver en cellule".

Leur premier souhait, selon l'aumônier, était "de prendre une douche dans leur cellule et de profiter des fenêtres à hauteur humaine, qui sont pour eux les changements les plus attendus. Ils sont heureux de trouver un lieu propre".

Même son de cloche chez M. Perrin : "il y a bien quelques détenus qui se rebellent systématiquement mais l'ambiance est globalement calme".

Les maisons d'arrêt du centre de Lyon ont reçu jusqu'à 900 détenus pour 360 places en février 2008, selon l'AP. Celle de Corbas offre une capacité de 690 places sur plus de 33.000 m2 et dispose d'un terrain de football en gazon synthétique, une salle de musculation, une salle informatique, une salle pour les cultes et de nombreux ateliers.

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