CINÉMA

Les fans sur des charbons ardents avant la sortie de "Star Trek"

La prochaine sortie de "Star Trek : l'avenir est en marche" est attendue avec appréhension par les millions de "trekkies" que comptent notre vieille planète Terre. Les fans craignent que la nouvelle version dénature la mythique saga.

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AFP - Les inconditionnels de Star Trek, les "trekkies", attendent avec fébrilité la sortie du nouveau film de la saga galactique, espérant que la réinvention par Hollywood des aventures de Kirk et Spock respectera les fondements d'une mythologie pour eux sacrée.

Diffusé à partir de 1966 à la télévision, Star Trek a été décliné en 726 épisodes et 10 films. Le 11e, qui sort jeudi soir en Amérique du nord, un jour après la France, a été doté d'un budget de 150 millions de dollars et la Paramount espère le voir devenir le succès commercial de l'été.

Mais certains admirateurs de longue date se disent sur les charbons ardents, comme Will Steinsiek, 58 ans, adepte du feuilleton depuis ses débuts. Archiviste à Albuquerque (Nouveau-Mexique, sud-ouest), il a prévu de conduire 50 km pour assister à la première projection de sa région.

"J'ai hâte de le voir, mais j'ai aussi de l'appréhension", explique-t-il à l'AFP. "Que vont-ils faire de l'histoire de Star Trek? Nous espérons qu'ils la raconteront bien, et qu'ils ne vont pas dénaturer les personnages".

"Fan" au point d'avoir dédié une pièce de sa maison à la saga, avec des portraits autographiés des acteurs ayant incarné les commandants successifs de l'"Enterprise", il souhaite que le studio "n'ait pas oublié les fondements de l'histoire, un regard positif sur l'avenir, et des personnages qui apportent un sens d'humanité et de morale dans ce qu'ils font".

Bonnie Malmat, une mère de famille de 50 ans vivant à Fort Lauderdale (Floride, sud-est) et rédactrice pour le site spécialisé "Trektoday.com", ira elle aussi à la première séance. Admiratrice de la saga depuis 1971, elle affirme toutefois avec humour qu'elle "n'est pas du genre à camper devant le cinéma, ni à porter des oreilles (pointues) de Spock".

C'est que les "trekkies" sont considérés comme les plus fidèles des admirateurs. Ils se réunissent en congrès annuels, forment de solides communautés virtuelles, s'arrachent des objets de collection et utilisent même parfois le "salut vulcain" comme signe de reconnaissance.

Le réalisateur du nouveau "Star Trek" J.J. Abrams, respecté à Hollywood pour avoir créé les séries "Alias" et "Lost", a reconnu avoir éprouvé le poids d'un tel héritage au moment de tourner.

"Oh oui, j'ai ressenti cette pression. Aux yeux de beaucoup d'admirateurs, c'est un matériel sacré. A chaque prise de vue, je me demandais si c'est là que j'allais tout mettre en l'air", a déclaré M. Abrams au magazine Entertainment Weekly.

"Le nombre d'admirateurs est très important, et ils ne sont pas toujours d'accord sur tout, mais d'après ce que j'ai lu et entendu, la plupart vont aller voir" le nouveau film, explique Mme Malmat. "L'attente est très grande parce que la presse a été élogieuse", fait-elle remarquer.

Le coup de génie de Star Trek version 2009, estime Robert Thompson, professeur d'audiovisuel à l'université de Syracuse (est), est d'avoir repris l'histoire au début et de montrer les personnages bien-aimés du premier feuilleton, le capitaine Kirk et Monsieur Spock, au moment où ils se sont rencontrés.

"C'est une idée formidable. La raison pour laquelle cela n'a pas eu lieu avant est qu'il existait une certaine hésitation à montrer ces personnages sous les traits d'acteurs autres" que William Shatner et Leonard Nimoy, aujourd'hui septuagénaires, estime-t-il.

"Cela fait des années que (les amateurs de Star Trek) discutent de ce film, et nous sommes tous inquiets", reconnaît M. Steinsiek. "C'est un drôle de sentiment: d'un côté, il faut être à la projection, de l'autre, nous espérons que ce ne sera pas une catastrophe".

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