IRAK

Première visite officielle à Paris du Premier ministre Nouri al-Maliki

Le Premier ministre irakien al-Maliki rencontre ce lundi le président Nicolas Sarkozy et le Premier ministre François Fillon. Il s'est félicité des"relations privilégiées" qu'entretiennent désormais l'Irak et la France.

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AFP - Le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki s'est voulu rassurant sur la stabilité de son pays et les opportunités pour les investisseurs étrangers, notamment français, lundi lors d'une visite à Paris qui confirme le rapprochement de l'Irak avec la France.



M. Maliki devait rencontrer dans l'après-midi le président Nicolas Sarkozy, premier chef d'Etat français à s'être rendu, le 10 février dernier, à Bagdad pour une visite déjà destinée à relancer les relations bilatérales.

Le chef du gouvernement irakien a minimisé la poussée de violence enregistrée en avril dans son pays, assurant qu'il s'agissait d'opérations "limitées" qui ne devaient pas dissuader les investisseurs étrangers.

"Ce qui s'est passé ces derniers temps ne remet pas en cause le processus de stabilisation. Il n'est pas question de retourner à la situation d'il y a deux ans", a-t-il assuré.

Les auteurs des attentats et des attaques sont "des éléments pourchassés qui effectuent des opérations limitées", a-t-il encore estimé lors d'une conférence.

Le mois d'avril en Irak a été le plus sanglant pour les Irakiens et les Américains depuis septembre 2008 avec 355 civils, militaires et policiers irakiens tués, de même que 18 soldats américains, selon des chiffres recueillis par l'AFP à Bagdad auprès de plusieurs ministères irakiens.

M. Maliki a malgré ces chiffres souligné les "succès" des forces irakiennes en matière sécuritaire, et invité les entreprises étrangères, notamment françaises, à investir dans son pays.

"Certains pays, après avoir interdit à leurs entreprises de venir en Irak, les encouragent aujourd'hui" à y négocier des contrats, a-t-il souligné.

Il a également vanté les "relations privilégiées" de l'Irak avec la France, sans revenir sur les liens entretenus autrefois par Paris avec le régime de Saddam Hussein, ni sur l'opposition résolue de la France à l'invasion de l'Irak par les forces américaines.

"La volonté de l'Irak est de s'ouvrir à tous les membres de la communauté internationale, et notre visite en France en est l'illustration", a-t-il déclaré.

Il a également renouvelé le souhait de Bagdad de voir levées les sanctions internationales contre l'Irak imposées du temps de Saddam Hussein pour diverses raisons (invasion du Koweït, guerre Iran-Irak, programmes d'armes interdites en particulier).

"L'Irak n'est plus une menace pour la paix internationale. Nous voudrions que la communauté internationale nous soutienne pour mettre fin aux sanctions qui nous pénalisent", a-t-il déclaré.

M. Maliki était accompagné d'une délégation comprenant le vice-Premier Ministre Barham Saleh ainsi que les ministres des Affaires étrangères, du Commerce, de l’Intérieur et le porte-parole du gouvernement.

Le Premier ministre irakien devait rencontrer son homologue français François Fillon, après avoir eu un entretien avec le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner, qui s'est rendu à plusieurs reprises en Irak pour amorcer ce rapprochement.

Une rencontre avec les milieux d'affaires français était également prévue.

M. Maliki venait de Londres, où l'Irak a annoncé avoir conclu jeudi avec la Grande-Bretagne un accord de coopération visant à renforcer les relations stratégiques, techniques et économiques dans de nombreux secteurs.
 

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