PIRATERIE

Le skipper du "Tanit" tué par un tir français, selon "Europe 1"

Un "faisceau d'indices" montre que Florent Lemaçon, le skipper du voilier français tué lors de la libération du navire arraisonné par des pirates au large de la Somalie en avril, a été atteint par un tir français, selon la radio "Europe 1".

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AFP - Le skipper du Tanit, Florent Lemaçon, a été tué par une balle tirée par un membre du commando français qui a pris d'assaut le voilier sur lequel cinq membres d'équipage étaient retenus en otages par des pirates somaliens, affirme lundi la radio Europe 1.

La radio, qui ne cite pas de sources, évoque "tout un faisceau d'indices à commencer par les comptes-rendus d'assaut qui ont été faits par les commandos de marine à leur hiérarchie dès la fin de l'opération".

Interrogé par l'AFP, le ministère de la Défense a déclaré qu'il avait "pour principe de ne pas commenter une procédure judiciaire en cours".

"Le ministre (de la Défense Hervé Morin) avait clairement affirmé que ses services contribueraient totalement à l'enquête judiciaire, sans pouvoir exclure que la balle soit française", a rappelé le porte-parole du ministère Laurent Teisseire.

Selon le récit qu'en fait la radio, "dans la cabine du voilier, deux pirates retiennent cinq otages. L'équipe qui est chargée de libérer les otages fait irruption dans la cabine au pied de l'escalier".

"Grâce à leurs moyens techniques, les commandos savent où se trouve chaque personne et des haut-parleurs demandent en français aux otages de ne pas bouger. Seulement, pour protéger sa famille Florent Lemaçon se dresse devant son fils et son épouse la main en avant, c'est un geste réflexe qui entraîne un tir réflexe et il s'écroule dans les bras de sa femme", selon la radio.

"C'est d'ailleurs le témoignage qu'elle a donné devant les enquêteurs et il corrobore les constatations des légistes sur la trajectoire de la balle, qui n'a pas été retrouvée mais qui a traversé la main avant de toucher le visage", selon Europe 1.

Dès après l'assaut, M. Morin n'avait pas écarté la possibilité que le skipper du Tanit ait pu être victime d'un "tir français", s'engageant à "dire la vérité" une fois connus les résultats de l'enquête.

Le parquet de Rennes, où a été ouverte l'enquête judiciaire sur cette affaire, avait indiqué le 17 avril que l'autopsie n'avait pas permis de révéler l'origine de la balle ayant tué Florent Lemaçon.

Interrogé lundi matin, le parquet ne pouvait ni confirmer ni infirmer les informations d'Europe 1, soulignant que les rapports militaires --classifiés puisqu'ils concernent des forces spéciales-- n'étaient pas encore dans la procédure.

Les commandos de marine avaient donné le 10 avril l'assaut au voilier de 12,5 mètres, capturé le 6 avril au large de la Somalie par cinq pirates qui retenaient en otage les cinq passagers, dont un enfant de trois ans, le fils du couple Lemaçon.

Outre Florent Lemaçon, deux pirates avaient été tués. Les quatre autres otages avaient été libérés sains et saufs et trois pirates capturés, qui sont actuellement en détention en France.

Tous les membres d'équipage étaient originaires du Morbihan, d'où le couple Lemaçon était parti avec leur fils en 2008 pour un voyage qui devait les mener à Zanzibar.
 

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