TCHAD

N'Djamena dénonce une nouvelle agression du Soudan

Deux jours seulement après la signature d'un énième accord de paix entre les deux voisins, le Tchad accuse le Soudan d'avoir lancé des "colonnes armées" sur son territoire. Khartoum dément toute implication.

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AFP - Le gouvernement tchadien a accusé mardi le Soudan d'avoir lancé "plusieurs colonnes armées" contre le Tchad, deux jours après la signature à Doha d'un énième "accord" censé réconcilier les deux pays voisins, mais Khartoum a immédiatement démenti toute implication.

Des combats meurtriers ont opposé lundi, à la frontière entre les deux pays, l'armée de N'Djamena aux rebelles tchadiens, rapporte de son côté le Centre soudanais des médias, proche des services de renseignement de Khartoum. Aucune autre source n'a fait état d'affrontements jusqu'ici.

Base arrière des rebelles tchadiens qui ont failli renverser le président Idriss Deby Itno en février 2008 à N'Djamena, le Soudan est souvent considéré comme leur principal soutien. Pour certains observateurs, le Tchad joue le même rôle auprès de factions rebelles du Darfour, dans l'ouest du Soudan.

Ces derniers jours, diverses sources avaient évoqué l'imminence d'une nouvelle offensive de la rébellion tchadienne contre le régime tchadien.

"Alors que l'encre de l'accord de Doha n'a même pas séché, le régime de Khartoum vient de lancer plusieurs colonnes armées contre notre pays", a affirmé mardi à la radio d'Etat le porte-parole du gouvernement tchadien Mahamat Hissène.

Il a évoqué une "agression programmée contre le Tchad", sans indiquer la localisation de ces "colonnes armées" ni la date du début de l'offensive présumée.

Le porte-parole, également ministre de la Communication, a pris "à témoin" la communauté internationale de "la mauvaise foi" et de la "duplicité" de Khartoum.

Les forces armées soudanaises ont immédiatement démenti toute implication, assurant n'avoir "aucun lien" avec une telle offensive.

"Ce qui se passe actuellement au Tchad concerne l'armée tchadienne et les rebelles tchadiens", a déclaré à l'AFP un porte-parole, Osmane al-Aghbash.

Dimanche, sous l'égide du Qatar et de la Libye, Khartoum et N'Djamena avaient signé à Doha un nouvel accord s'ajoutant à de nombreuses "ententes" conclues ces dernières années pour pacifier leurs relations tumultueuses mais restées lettre morte.

Après une première tentative qui avait fait long feu en avril 2006, les rebelles tchadiens avaient lancé l'an dernier une offensive spectaculaire depuis leurs bases arrière soudanaises. En moins une semaine, ils avaient traversé le pays d'est en ouest (un millier de kilomètres) pour entrer le 2 février à N'Djamena, où ils ont été à deux doigts de renverser Idriss Deby.

Mais, divisés et à court de munitions, les rebelles avaient été repoussés le lendemain par l'armée tchadienne, avec notamment une aide de la France, présente au Tchad depuis 1986 avec le dispositif Epervier qui apporte un soutien logistique et en renseignement aérien au régime de N'Djamena.

Depuis, les principales factions rebelles du Tchad ont formé une nouvelle alliance, l'Union des forces de la résistance (UFR), dirigée par Timan Erdimi, un neveu et ancien proche du président Deby.

Lundi, l'UFR a appelé appelé la France et les "pays amis" à observer "une stricte neutralité dans le conflit interne tchadien", affirmant que ses positions avaient été survolées dernièrement par des avions non identifiés.

Rencontré en avril au Darfour par l'AFP, Timan Erdimi affirmait que les "préparatifs" étaient en cours pour "déclencher la guerre" contre le régime d'Idriss Deby, lui-même arrivé au pouvoir par les armés depuis le Soudan en 1990.
 

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