RÉPUBLIQUE TCHÈQUE

Le président rechigne à ratifier le traité de Lisbonne, voté au Sénat

Le Sénat a approuvé le traité de Lisbonne, qui prévoit de réformer les institutions de l'UE. Le président Vaclav Klaus, eurosceptique notoire, indique pourtant que la ratification de celui-ci n'est toujours pas à l'ordre du jour.

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AFP - Le Sénat tchèque a approuvé mercredi à Prague le Traité de Lisbonne après la validation du texte mi-février par la chambre basse, ce qui ouvre la voie à sa ratification finale par le président tchèque.

Après de longs débats, le document destiné à réformer les institutions de l'UE a obtenu la majorité constitutionnelle requise, avec 54 voix sur 79 sénateurs présents.

Douze des sénateurs de la droite libérale ODS ont suivi les consignes de leur chef, le premier ministre démissionnaire Mirek Topolanek, et soutenu le texte malgré leurs réticences. Vingt sénateurs ont voté contre, dont 19 ODS, cinq se sont abstenus.

"Il s'agit d'une grande journée pour la position de la République tchèque en Europe et dans le monde", a déclaré après le vote Alexandr Vondra, le vice-premier ministre démissionnaire en charge des Affaires européennes.

A Bruxelles, le président de la Commission européenne José Manuel Barroso s'est dit "très content". "C'est un très bonne nouvelle. Je suis très content de l'approbation du Traité de Lisbonne par le Sénat tchèque, qui achève le processus de ratification parlementaire en République tchèque", a-t-il dit dans un communiqué.

Un rejet aurait eu le même impact que le +non+ opposé par les Irlandais lors du référendum de juin 2008, ce qui suscitait la plus grande inquiétude à Bruxelles alors que le processus de réforme des institutions européennes a déjà pris des mois de retard.

Un groupe de sénateurs du parti libéral ODS compte toutefois contester une nouvelle fois le traité devant la Cour constitutionnelle, ce qui risque d'entrainer de nouveaux délais.

"Ce que j'entends en Europe, ce n'est pas un respect pour une opinion minoritaire, c'est une atmosphère de pression psychologique, de quasi-interdiction", a affirmé l'un d'entre eux, Jiri Oberfalzer, pendant les débat.

"Personne n'a demandé au peuple s'il souhaite la création d'un super-Etat européen, c'est pourquoi les choses se déroulent dans le flou de phrases vagues", a-t-il dit.

Le président Vaclav Klaus a déjà fait savoir qu'il attendrait le résultat de la saisine constitutionnelle avant de signer le texte dont il est un des plus farouches adversaires. Il a prévu de faire un point de presse en fin d'après midi.

Pour entrer en vigueur, le Traité de Lisbonne doit être ratifié par tous les 27 pays membres de l'Union européenne. Comme la République tchèque, la Pologne et l'Allemagne doivent compléter le processus de ratification.

L'Irlande a promis à ses partenaires européens d'organiser un nouveau référendum d'ici novembre 2009, moyennant quelques aménagements du texte.

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